Réathlétisation: le syndrome fémoro-patellaire

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    syndrome fémoro-patellaireAyant actuellement un athlète souffrant du syndrome fémoro-patellaire aussi connu sous le terme fémoro-rotulien, j’en profite pour faire un petit article de présentation des possibilités de la réathlétisation sur ce problème et ainsi fournir un peu plus de ressources en Préparation Physique. Réathlétisation impliquant travail en synergie avec le corps médical. Toute seule elle ne guérie pas les tendons qui en souffre par exemple.

    Très schématiquement, si la patella (rotule) ne glisse pas normalement au niveau de la gorge trochléenne, vous avez des chances de subir un syndrome fémoro-patellaire. Il s’agit d’une douleur issue du frottement du dessous de la rotule sur le fémur. Il dérivera progressivement en chondromacie. Au final vous pouvez vous retrouver avec de l’arthrite.

    C’est une blessure régulière pour les coureurs à pied.

    Les symptômes

    Les douleurs se situent principalement autour de la rotule voir en-dessous et peuvent s’aggraver lors des exercices où l’on fléchit le genou (accroupissement, montée d’escalier, …).

    Les causes

    Les causes locales proviennent principalement d’une raideur d’un muscle à l’intérieur de la cuisse, raideur qui tire la rotule vers l’intérieur. Cette raideur peut provenir d’une multitude de faits qui engendre un déséquilibre musculaire et des défauts d’élasticité des tissus mous (tendons, ligaments…).

    Plus pratiquement, votre rotule suit une ligne lors de ses déplacements (pendant les flexions/extensions du genou). Si cette ligne s’éloigne de la norme (représentée par l’angle Q par Jung et Al en 2000 sur le dessin), il y a problème, notamment pouvant produire des rotules qui ‘se regardent’.

    Le diagnostique des vraies causes est assez difficile à produire sans examen approfondi et une bonne lecture de ce dernier. Heureusement j’ai eu un énorme coup de main d’un collègue très compétent notamment pour l’IRM : Eddy.

    Les traitements au niveau entraînement

    Les traitements de cette pathologie correspondent à un rééquilibrage des forces des muscles en cause, la réduction de la raideur des tissus mous tirant sur votre rotule.

    Parallèlement, on va remettre en équilibre les muscles impliqués dans la posture au niveau de la cheville et de la hanche.

    On utilisera des exercices ne produisant pas de douleur (la douleur étant synonyme ici de frottement entre la rotule et le fémur). Ce n’est qu’avec l’amélioration progressive que la rotule reprendra sa place normale et que les amplitudes pourront augmenter et de nouveaux exercices devenir exploitables. Suivez réellement une progressivité, il ne sert à rien de serrer les dents en pensant que la douleur n’est qu’un cap.

    En pratique, que va-t-on faire pour le syndrôme fémoro-patellaire ?

    Le local

    La première chose à faire est un étirement important des muscles adducteurs. Parmi les rôles de ces muscles, on retrouve notamment la rotation interne du fémur. Il faut relâcher la tension à ce niveau.

    Ensuite, on va renforcer les muscles du quadriceps qui sont souvent en déficit. Là, il faut faire des tests pour voir lesquels sont le plus en retard. D’une manière générale, on les renforcera tous (difficile voir impossible de les dissocier sur des exercices dynamiques) sauf si l’on a à disposition un appareil d’électrostimulation. Si l’ensemble des mouvements sont douloureux, comme c’était le cas sur l’étude de cas présentée par Olivier Bolliet lors d’un précédent article sur le vaste interne, on n’aura pas le choix : EMS, EMS et encore EMS.

    Après quelques semaines de ce traitement, nous verrons les résultats.

    Le distal (la cause)

    Là nous avons travaillé sur la zone (le genou qui est plus une articulation de stabilité, qui subit d’autres problèmes).

    Il faudra, conjointement et si la douleur le permet, travailler sur les 2 articulations encadrantes (cheville et hanche) qui elles sont des articulations dites de mobilité. Si elles ont un soucis, c’est le genou qui subit car le mouvement doit se faire coûte que coûte, et c’est l’élément passif qui s’adapte, comme toujours.

    Lors des tests FMS, un manque de souplesse fonctionnelle a été détecté au niveau des chevilles (Squat OHS impossible sur les talons, l’accroupissement fut fait sur la plant des pieds).

    Au niveau des hanches, l’observation de la posture montre un basculement de la hanche vers l’avant (lordose importante, centre de gravité très en avant). Cela montrant un possible manque des fessiers (déséquilibre confirmé à la Tensomyographie) et une raideur importante des psoas. Les ischios ne sont pas en reste.

    L’objectif va donc être une récupération de la mobilité de la cheville, une activation des fessiers et un étirement des psoas.

    Après quelques semaines de ce traitement, nous verrons les résultats.

    L’orchestration

    Jusqu’à présent, nous avons cherché à résoudre des problèmes. Comme en mathématique, nous avons résolu des équations. Mais des équations abstraites, ça ne sert pas à grand chose sauf à s’amuser intellectuellement. Maintenant il va falloir remettre ces équations dans un cas concret. On va réorchestrer tout cela en réapprenant au corps comment utiliser de la bonne manière les nouvelles configurations articulaires.

    Et pour cela, l’arme absolue se nomme la proprioception. En travaillant la proprioception, on va réapprendre au système nerveux et aux petits contacteurs autour des articulations, des muscles et des tendons les bonnes manières. Petit à petit on réapprend ainsi à contracter les bons muscles au bon moment, avec les copains qui vont bien (et non d’autres antagonistes qui vont s’opposer à notre effort comme ce fut le cas lors de la mise en place de la blessure).

    Durant les premières semaines, le temps que le travail sur les 3 principales articulations se fasse sentir, on va travailler statiquement cette proprioception (maintien de la posture sur une surface instable). Ce n’est qu’avec l’avancement des progrès que j’ajouterai du dynamisme, du mouvement.

    Comment mettre cela en place ?

    Si je fais faire de la proprioception alors que les adducteurs ne sont pas encore au point, même chose pour les extenseurs du genou, je ne vais faire qu’entretenir le problème actuel.

    Ainsi, comme le propose le NASM, on va travailler par désactivation/activation en 4 étapes.

    Chaque séance va débuter par une désactivation neuromusculaire des muscles adducteurs (et accessoirement les psoas). Pour cela, différents outils à disposition : les automassages seront parfaits pour nous. On va ainsi réduire la capacité de force de ces muscles temporairement. Ainsi, lors des exercices de proprioception, ils auront un peu moins d’impact sur la stabilité, permettant aux autres muscles de fonctionner dans la normalité.

    On va ensuite les étirer. Cette seconde phase utilise les techniques d’étirement classique pour augmenter l’extensibilité des tissus. Les étirements statiques sont parfait pour cela. Pour cela, les étirements présentés dans l’article sur la pubalgie seront un bon point de départ.

    Après, on va s’attaquer au problème en lui-même : activer les muscles pour qu’ils réapprennent à être forts. L’électrostimulation va faire partir de notre arsenal. Mais étant adepte des élastiques et des exercices de torture qui les utilisent, notre athlète va manger un maximum d’exercice d’isolation sur les fessiers, les ischios…

    Enfin, Nous allons arriver à notre intégration, la réorchestration de ce que nous avons préparé en début de séance. Dans un premier temps, je vais proposer de simples exercices proprioceptifs. Puis, au fur et à mesure des progrès, de la baisse de la douleur (donnant pour moi le signal de nouvelles amplitudes possibles), on ajoutera des exercices fonctionnels c’est-à-dire travaillant les chaînes musculaires dans leurs ensembles pour que les muscles amis bossent ensemble et non pour que des parasites viennent casser la fluidité du mouvement.

    AVERTISSEMENT : Chaque symptôme peut-être produit pas des causes différentes, ceci est un article présentant un cas particulier et non la généralité des possibilités de réathlétisation pour tous les athlètes souffrant de ce syndrome fémoro-patellaire. Votre médecin, kiné et ostéopathe doivent impérativement intervenir en complément, le préparateur physique accompagnant ces derniers (et non l’inverse).


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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