Les erreurs communes en matière de functional training

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    erreur functional trainingLorsque l’on est blessé ou lorsque l’on s’apperçoit que l’on a un problème sur un geste, il est normal de chercher à corriger cela. Généralement, il faut de globalisation, on va attaquer la question en se focalisant sur le problème et le résoudre (c’est comme cela que fonctionne la médecine, généralement).

    Cela conduit à 4 mauvaises approches courantes que l’on peut synthétiser comme suit :

    – L’approche par protocole
    – L’approche basique de la kinésithérapie
    – L’approche par fonction apparente
    – L’approche pré-habilitation

    Voyons dans le détail ces 4 groupes d’approche.

    L’approche par protocole

    Il s’agit ici de l’approche méthologique, généraliste. Schématiquement, on utilise un protocole identique pour tous ceux qui présentent des indices équivalents.

    L’exemple de l’entorse de la cheville est intéressant : on soulage la douleur, on permet une nouvelle mobilité non douloureuse puis on redéveloppe la priprioception (plateaux instables) pour terminer par un renforcement musculaire. Le problème est que ce n’est pas parce que l’on a une entorse que les causes et les conclusions sont les mêmes que pour le collègue qui a eu la même à la cheville.

    L’usage d’une méthode (quel qu’en soit la condition) est forcément limité à ses contours. C’est pour cela que je n’aime pas les méthodes. Je préfère appliquer ce qu’il y a d’intéressant dans celles-ci dans une approche personnelle (j’aime pas être un mouton).

    L’approche basique de la kinésithérapie

    Cette approche ne repose pas sur les fonctions globales du corps, mais sur le renforcement, la permissivité de ce que l’on suppose déficitaire. Ainsi, des planches sont définies pour les mouvements généraux et un peu sur la stabilisation de l’ensemble de la population et si on détecte une anomalie à un endroit, on applique la planche.

    Par exemple, si l’on suppose que les jambes sont faibles, on utilisera des exercices de renforcement des fessiers, ischios-jambiers et quadriceps (et parfois les mollets). Cela peut-être considéré comme un remède approprié.

    Cette approche est en fait basée sur la force (et son endurance) et non sur le schémas moteurs. Elle présuppose que l’aspect concentrique est le plus important pour la mobilité et le déplacement (l’excentrique étant utilisé dans l’aspect « guérison » notamment avec le protocole de Stanish). Elle présuppose que le corps s’adaptera dans le bon sens tout seul.

    Elle est parfaite pour guérir d’une blessure (ce qui est le rôle des kinés). Mais pas pour reprogrammer un mouvement ni pour prévenir des blessures.

     

    L’approche par fonction apparente

    Ici nous sommes en plein dans ce que nous voyons régulièrement dans les salles de sports et ce qui en donne la mauvaise réputation (notamment avec toutes ses machines monoplanaires).

    On observe le mouvement déficient et on le décompose en une multitude de mouvements isolés auxquels on applique une résistance appliquée de manière unique. Ou alors on reproduit un mouvement cible (un direct de boxe) avec une bande élastique ou une tension autre en espérant en augmenter la force. Pire, on observe cette même mise en scène sur des supports instables en espérant augmenter la transmission des forces « spécifiques ».

    En fait, on observe surtout une baisse de la coordination à cause des compensations nécessaires.

    Cette approche par la fonction apparente est en fait déficitaire à cause d’une absence de tests avant-après pour rechercher la cause d’une limitation. On suppose qu’en appliquant une résistance le corps va s’adapter et apprendre tout seul le geste spécifique. C’est également ce que l’on observe en musculation quand on effectue une multitude de mouvements isolés en espérant reproduire un mouvement global (isolation de toutes les zones d’un muscle) en oubliant les synergies nécessaires avec les autres muscles. C’est l’erreur que l’on observe la plupart du temps quand on se limite à l’apparence morphologique des athlètes : on suppose que les insertions musculaires sont identiques et que les souplesses et coordinations sont les mêmes pour tous.

    L’approche pré-habilitation

    Il s’agit de l’approche recherchant une prévention (préparation) à un geste particulier en ne se basant pas sur les risques même du geste, mais sur les statistiques de blessures possibles.

    Par exemple sur les gestes de lancer. La coiffe des rotateurs est souvent mise à rude épreuve à cause d’une sur-utilisation et/ou d’une mauvaise technique. L’approche pré-habilitation va donc chercher à renforcer cette zone. augmentant encore plus sa sollicitation. Pourtant, la coiffe des rotateurs, au lancer, n’est pas la responsable de la blessure, elle n’en est que la victime.

    Il serait préférable de rechercher une amélioration du geste dans son ensemble (et le renforcement des points défectueux), permettant de solliciter normalement cette coiffe des rotateurs. Cette recherche peut amener à renforcer la coiffe si on détecte une faiblesse, mais pas de manière préventive à l’aveugle.

    Quelle approche semble la meilleure ?

    Donc, comment faire pour prévenir ou pour réathlétiser un sportif (ou un sédentaire).

    La première des choses est d’oublier les approches dogmatiques (aucune méthode n’est universelle). En second, il faut oublier l’approche spécificité (les habitudes de préparation d’un sport basé sur les risqus de blessures statistiques ne sont pas une bonne approche). Enfin, il faut oublier l’approche segmentaire et l’approche par surcharge spécifique (on ne fait que créer des déséquilibres qui se paieront plus tard).

    Au final, il suffit d’être logique et de faire ce que l’être humain est : unique. Un test d’observation et de mesure préalable, un programme spécifique aux résultats précis de ce test. Des tests intermédiaires et finaux pour valider chaque étape et modifier le programme en fonction de la manière personnelle en fonction de la manière (unique) à laquelle le sujet réagit.

    Donc, oubliez la facilité, les méthodes préconçues et adaptez vous en permanence. Ceci est valable aussi bien en rééducation, en prévention qu’à l’entraînement en lui-même.

    Comment la mettre en place ?

    Tout d’abord, on évite de supposer des problèmes locaux aux tests. Chaque mouvement est une imbrication de sous-mouvements, de coordination et de synergie. Il faut réfléchir dans la globalité, en croisant les résultats (la batterie de tests doit permettre de contrôler la même fonction sous différents angles).

    Ensuite, lors de la mise en place du programme (comme à l’entraînement), on partira de la base, des exercices les plus simples (les mouvements fonctionnels). Puis, au fur et à mesure de la progression, on ajoutera de la difficulté (de la spécificité). Attention, ici on ne parle pas d’ajouter de l’intensité, de la résistance comme à l’entraînement. On parle d’ajouter de la complexité (plus de difficulté dans le geste, plus d’instabilité, plus de gestes en même temps…) afin de programmer les circuits nerveux et au final pour permettre toutes les fonctions nécessaires à ce que nous rééduquons.

    La progression suivra donc le cheminement suivant :

    – Mouvements fonctionnels (les mouvements de bases de la vie comme l’accroupissement)
    – Mouvements de performance (les mouvements permettant les déplacements)
    – Mouvements compétitifs ou compétences fonctionnelles (la spécificité recherchée).

    Ensuite, il ne vous restera plus qu’à trouver ou développer vos exercices pour atteindre cette progression de manière optimale pour l’athlète entraîné (et pas pour son voisin).

    Source : Movement (Gray Cock).


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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