Tendinite ou pas tendinite ?

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    tendinite ou tendinose?

    Dans cet article, je vous propose la traduction très libre d’un article fort intéressant permettant de mettre en relief les différents stades de la tendinopathie et le pourquoi des multiples traitements possibles (et donc les besoins d’arrêt de sport ou non).

    Depuis un certain nombre d’années, on a vu que l’arrêt total de sport n’est pas forcément le mieux. On en arrive à avoir l’effet inverse : cela ne sert à rien d’arrêter le sport avec une douleur aux tendons. Mais ce nouveau paradigme est-il vrai ? Un début de réflexion.

    Source : Evelyn Bass, Tendinopathy: Why the Difference Between Tendinitis and Tendinosis Matters, Int J Ther Massage Bodywork. 2012; 5(1): 14–17

    La tendinite, l’inflammation de base du tendon, la petite (ou forte) douleur au toucher d’une zone du tendon est un effort courant de la pratique sportive. Presque bénin. Un peu d’arrêt de sport, un peu d’anti-inflammatoire et hop, c’est oublié.

    Le problème est que ce petit bobo est plus souvent une tendinose.

    Mais au fait, tendinite, tendinose, quelle différence ? Les 2 sont des tendinopathies. La première est une inflammation du tendon avec de possibles micro-déchirements. La seconde est une dégénérescence du tendon.

    La tendinite

    Là, on sait tous ce qu’il faut faire : réduire l’inflammation (réduction des efforts, traitement anti-inflammatoire avec de la glace, de l’électrostimulation, parfois des traitements). Parfois, si le diagnostique est fait, on va remédier à un déséquilibre des chaînes musculaires (oui, ça ne sert à rien de soigner une douleur si on n’enlève pas la cause).

    2 ou 3 semaines et n’en parlons plus.

    La Tendinose

    Mais si la douleur persiste malgré la perte de l’inflammation, l’hypothèse de la dégénérescence du tendon, la tendinose, arrive à grands pas. On la surnomme souvent à tort la tendinite récurrente (abus de langage).

    Et là, c’est une autre paire de manche pour remédier à la chose. Le processus de production du collagène (une des matières premières du tendon) est déficient et le tendon ne se répare pas. Il va falloir forcer le corps à remédier à la chose.

    C’est là qu’interviennent les techniques de Stanish, où comment durant les séances de sport, on va  »casser » pour obliger à reconstruire. Malheureusement le délai de guérison va s’allonger (2 à 4 mois) puisque le processus d’adaptation du tendon est bien plus long que la simple suppression de l’inflammation.

    Bien souvent on attribue à la tendinite l’étape 1 du processus d’apparition de la tendinose. Nous allons voir que ce n’est pas forcément une évidence.

    Entrons dans le cœur du tendon

    Lorsque vous avez une tendinite, il y a une augmentation de la présence de fibres de collagène de type III immature, là où il devrait y avoir une prédominance des fibres de collagène de type I mature. On arrive à une perte d’homogénéité du tissu (les fibres ne sont plus  »alignées », la Matrice (MEC) a du mal à produire un ensemble cohérent, homogène. La masse du tendon augmente (moindre cohérence = plus d’espace entre les fibres de collagène = plus de matière entre). Il y a donc perte de la résistance du matérielle. La vascularisation augmente de manière anarchique.

    Cette augmentation de la masse et la perte de force engendre un cycle vicieux qui va auto-alimenter la tendinite voir l’aggraver. Parfois, l’augmentation du volume du tendon va  »toucher » le système nerveux et auto-alimenter les messages nociceptifs (les messages de la douleur) qui au lieu d’enclencher la bonne réponse (un message de douleur donne une information au cerveau pour y remédier), va stopper cette réponse (si la réaction n’a pas eu l’effet voulu et que le message persiste, il y a arrêt de la réponse).

    L’idée reçue qui en découle est que ce cercle vicieux va aboutir à une tendinose, une dégénérescence du tissu collagène. En effet, la bonne réponse à la douleur au tendon est la production de collagène. Si cela ne fonctionne pas, il y a message nociceptif permanent et donc arrêt de la réponse (collagène). D’où la conséquence de la tendinose (dégénérescence du collagène). Ceci est une idée reçue.

    Pourquoi idée reçue ? Parce qu’en temps normal, sur un tendon sain, la solidité est nettement supérieure à celle du muscle et ce dernier se déchirera bien avant le tendon… sauf si le tendon a un dégénérescence (tendinose). En gros, la dégénérescence doit déjà être là pour cela, sans forcément avoir eu une tendinite. En effet, on peut parfaitement avoir une dégénérescence du tendon sans avoir au préalable une inflammation, des micro-déchirures, un tissu cicatriciel. L’observation de la tendinose ne montre pas une présence systématique de cette inflammation, de ces micro-déchirures, etc.

    En fait, les efforts violents et/ou répétés semblent plus induire une tendinose qu’une tendinite. Ceci pourrait être expliqué par le fait que la mise en tension récurrente d’un tendon active une protéine qui est directement responsable d’un facteur la programmation de la mort d’une cellule lorsqu’elle est active en permanence.

    Pourquoi cette différence ?

    Bin oui, on a mal, on se fiche du quoi comment, en dégage cette tendinite/tendinose et c’est tout.

    Oui, mais… Les traitements et la rééducation à suivre ne sont pas du tout les mêmes. Ni les arrêts/modifications de l’entraînement.

    La tendinite demande avant tout une réduction de l’inflammation… Inflammation dont on se fiche dans la tendinose. Cela pourrait même aller à l’encontre de la guérison (les anti-inflammatoires de type AINS sont parfaits pour la tendinite… mais ils limitent la guérison de la tendinose).

    Et comme les délais sont … monstrueusement longs avec une tendinose (à partir de 6 semaines si on la prend tôt), pas question d’ajouter des obstacles inutiles.

    Pourquoi est-ce aussi long ? Tout simplement, comme nous l’avons vue dans le dossier sur l’adaptation des tendons à l’entraînement, parce que la production de collagène et son remplacement au sein d’un tendon est particulièrement laborieux (faiblement vascularisé, molécule complexe…). Cela demande du temps (apparemment il faudrait plus de 3 mois pour régénérer le collagène d’un tendon… dans les conditions normales, pas si vous avez le mauvais traitement ou si vous entretenez le soucis avec un entraînement inadapté).

    Les traitements concomitants

    Heureusement, chacune de ces pathologies n’offre pas que des solutions contradictoires. Ainsi, si certaines solutions sont à éviter (dans le doute de la réalité de la blessure), comme les AINS, d’autres sont efficaces à la fois pour la tendinite et la tendinose.

    On retrouve ainsi les massages profonds qui vont permettre à la tendinite la casse des adhérences possibles et permettre la production du tissu (quand l’inflammation sera supprimée). Pour la tendinose, le MPT va permettre l’activation des fibroblastes et ainsi facilité la production de collagène. On pourra ainsi retrouver aussi d’autres techniques plus ou moins proche comme les ondes de chocs ou la thécarthérapie.

    Ainsi, on pourra, du point de vue sportif :

    Se reposer complètement dans un premier temps (tout du moins des efforts liés à ce tendon) et reprendre progressivement l’activité dans la limite de la douleur (on va adapter les exercices pour ne pas solliciter le tendon sur la zone touchée). Cette reprise se fera en accord avec le Kiné (ce n’est pas parce que vous ne sentez pas un tendon qu’il n’est pas sollicité et s’il l’est et qu’il y a tendinose, je vous renvoie à ce que nous avons vue plus haut sur la programmation de la mort d’une cellule).

    Utilisation de la glace. La glace va permettre différents processus anti-inflammatoires (intéressant pour la tendinite) et anti-douleur.

    Rééquilibrer les chaînes musculaires. La modification morphologiques (semelles) et le travail d’assouplissement des muscles raides (pas ceux touchés, les autres muscles raides) vont permettre la création d’un bon terreau pour la suite de l’activité sportive et éviter une rechute immédiatement après la reprise. Cela pourra également faire intervenir des  »contentions » pour réduire la contrainte mécanique au quotidien sur le tendon cible. Par exemple, le K-tape peut avoir un effet intéressant ici (à condition de ne pas supposer qu’il permette la pratique sportive malgré le problème).

    Puis, lorsque la guérison avance, l’utilisation d’étirements  »actifs » vont permettre d’orienter la reconstruction du tendon et la production du collagène. C’est le rôle du travail excentrique où l’on va étirer le tendon tout en lui mettant une tension mécanique. On n’est pas ici dans un assouplissement, mais en un réel travail excentrique.

    Parallèlement à tout cela, les massages vont permettre une accélération de la cicatrisation, de la production de collagène. Notamment, comme nous l’avons vu plus haut, les massages profonds. Mais là c’est le domaine du kiné (qui donnera aussi les informations nécessaires pour produire le travail excentrique). D’autres techniques de massage sont également possible en complément, comme le travail sur les Triggers Points le Rolfing… bref tout ce qui va permettre de libérer les aponévroses et laisser la souplesse aux différents tissus.

    L’alimentation

    Bien évidemment, l’alimentation jouera un rôle important, comme dans toutes les blessures/pathologies. Mais n’entrons pas dans ce sujet qui demanderai beaucoup de précision et ce serait trop long ici.

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