L’effet Placebo, influence sur la répétition des sprints intermittents

Vous aimez? Partagez moi !

    effet placebo
    Nous savons depuis un moment que l’effet placebo est inconscient. Cela signifie qu’il n’est pas nécessaire de se croire plus fort que les autres en niant cet effet, le placebo peut fonctionner sur vous. Ce n’est pas vous qui gérez volontairement cela.

    Une étude récente vient confirmer l’intérêt du placebo dans l’amélioration des performances et notamment dans la récupération.

    The Placebo Effect: Influence on Repeated Intermittent Sprint Performance on Consecutive Days.

    Tolusso et Coll (2015). J Strength Cond Res 08-5255R1.

    Abstract

    Despite the available literature addressing the placebo effect’s role in mediating human performance, there is a paucity of research addressing the possibility of a placebo effect both within and between bouts of repeated sprint performance on consecutive days. Therefore, the purpose of this study was to determine if the administration of a placebo influences recovery during sessions of intermittent sprinting. Ten subjects performed four repeated sprint tests under two different conditions; two while being administered a control beverage separated by 24-hours of recovery and another two with a placebo beverages separated by 24-hours of recovery. Prior to each sprint test, subjects provided perceived recovery status. Ratings of perceived exertion were recorded within five seconds after each sprint. Following each repeated sprint protocol, subjects were asked to provide a rating of perceived exertion, rate their pain and provided a blood lactate sample. Power was recorded throughout each session from a non-motorized treadmill in order to analyze changes in sprinting performance. Repeated measures ANOVA were used to determine significant differences in peak and mean power, perceived recovery status, rating of perceived exertion, pain, and blood lactate. The placebo trial produced significantly higher peak (p < 0.001) and mean power (p = 0.002) versus the control in later sprints absent of any other significant difference in metabolic or perceptual strain (p > 0.05). In conclusion, it appears the administration of a placebo can attenuate the decline in performance as fatigue increases during repeated sprinting bouts.

    Les sujets ont effectué 6 sprints de 35 mètres (avec 10 secondes de récupération entre ces derniers). Cette épreuve a été reproduite 3 fois au cours d’une même séance, après 7 minutes de repos.

    Le lendemain, même protocole de sprints intermittents.

    Le tout avec un placebo (une boisson présentée comme énergisante et facilitant la récupération).

    7 à 10 jours plus tard, on recommence exactement le même protocole.

    Un groupe a eu une boisson présentée comme énergisante et améliorant la récupération (groupe placebo, utilisant des édulcorants) et un second groupe a eu la même boisson mais présentée comme simplement de l’eau.

    Les résultats de cette étude sont très intéressants : la perception de l’effort et de la faitgue sont sensiblement identiques, de même que les données métaboliques (lactatémie, etc.). Par contre la puissance développée (en pic et en moyenne) est nettement en faveur du placebo.

    placebo

    Conclusion utilisable

    L’effet Placebo fonctionne parfaitement. Il est clairement inconscient (non atteinte de la perception de l’effort), non physique (pas de modification des données métaboliques).

    Nous retrouvons ainsi une possible passerelle avec la notion de gouverneur central, notion chère à Tim Noakes, qui présente la fatigue non pas comme principalement métabolique (comme le voudraient les afficionados de Hill), mais principalement issue du cerveau et visant à protéger l’intégrité de l’organisme. si vous lui faite croire que l’on apporte ce qu’il faut à l’organisme pour réduire les risques, le cerveau (gouverneur central) lâche la restriction et laisse la performance se produire.

    Au niveau pratique, même si nous savons que tels ou tels supplément alimentaire, boisson énergétique ou sucrée ne servent à rien durant une séance courte et intensive, de manière directe et physiologique, il ne faut pas pour autant en oublier l’inconscient et l’influence énorme que présente cet aspect sur la performance.

    Oui les sportifs ont leurs petites habitudes, leurs grigris. Non, il ne faut pas systématiquement chercher à les dénigrer, à les supprimer. Cela est aussi un support de performance.

    Vous aimez? Partagez moi !

      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans.

      De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling

      Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

      Comments are closed.

      Catégories Recherche

      Boutique UCP : programmes, Ebook, Accessoires


      Déjà paru sur Recherche

      Livre – Entraînement Fonctionnel