Les étirements statiques semblent réduire les performances aérobie

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    ABSTRACT

    Le but de cette étude était d’examiner si la différence tu temps de maintien à VO2max lors d’efforts aérobies incrémentiels et exhaustifs en fonction de la présence/absence d’étirements statique durant l’échauffement.

    La comparaison est intéressante puisque les études montrent une baisse de la force après l’usage d’étirements statiques et montrent également une relation directe entre cette même force et le Tlim (= Temps de maintien à VO2max).

    Contrairement aux auteurs de l’étude, qui ont focalisé leur attention sur cette Tlim, une étude en amont des résultats finaux montrent que les étirements statiques produits à l’échauffement risquent de réduire fortement les performances d’endurance.

    Public visé

    Tout public pratiquant des efforts de type aérobie.


    INTRODUCTION

    Etude source

    This study analyzed the effect of an acute static stretching bout on the time to exhaustion (Tlim) sponding to _VO2) at power output corresponding to VO2max. Eleven physically active male subjects (age 22.3 +- 2.8 years, _VO2max 2.7 +- 0.5 L/min-1) completed an incremental cycle ergometer test, 2 muscle strength tests, and 2 maximal tests to exhaustion at power output correspond- ing to _VO2 bout. The Tlim max with and without a previous static stretching was not significantly affected by the static stretching (164 +- 28 vs. 150 +- 26 seconds with and without stretching, respectively, p = 0.09), but the time to reach _VO2 (118+-22 vs. 102+-25 seconds), blood-lactate accumulation immediately after exercise (10.7+-2.9 vs. 8.0+-1.7 mmol/L-1 at power output corresponding to _VO2 max ), and oxygen deficit (2.4+-0.9 vs. 2.1+-0.7 L) were significantly reduced (p =< 0.02).

    Thus, an acute static stretching bout did not reduce Tlim max possibly by accelerating aerobic metabolism activation at the beginning of exercise. These results suggest that coaches and practitioners involved with aerobic dependent activities may use static stretching as part of their warm-up routines without fear of diminishing high-intensity aerobic exercise performance.


    DÉVELOPPEMENT

    Base de connaissance existante

    Depuis plus d’une décennie, les études montrent et démontrent que les étirements statiques avant une séance d’entraînement ou une compétition réduisent la capacité de force que peut produire un muscle ou un ensemble de muscle

    D’autres ont démontré une relation directe entre le Tlim (Temps maximal sous VO2max) et la force des pratiquants (l’augmentation de force élève ce Tlim sans modification des capacités aérobie, grâce à une meilleure gestion du geste notamment).

    Il semble donc logique que l’application d’étirements statiques à l’échauffement d’efforts aérobie réduise ce Tlim.


    Apport de l’étude

    Les auteurs de l’étude source nous montre, en conclusion, une absence de différence sur le Tlim avec l’usage d’étirements statiques. Cela va en contradiction de ce que l’on a pu observer au préalable.

    Toutefois, en observant l’étude elle-même et les résultats intermédiaires, nous observons que ce n’est pas aussi simple que cela.

    Protocole du test : Le test est effectué sur Ergocycle, à vitesse de pédalage constant (70 RPM) avec une augmentation de la puissance (résistance) de 35W toutes les minutes jusqu’à l’échec (incapacité à tenir 65 RPM).

    Les résultats montrent qu’il a fallu plus de temps (donc de puissance développée) pour atteindre la VO2max en l’absence d’étirements préalables. En d’autres termes, les sujets ont pu produire un effort plus long et intense avant d’atteindre leurs VO2max.

    Ainsi, les sujets non étirés (à gauche) ont pédalé environ 45 secondes de plus que les sujets étirés pour atteindre la même VO2max (correspondant à 35W de puissance sur l’ergomètre, et environ un tiers du temps du test).

    En ne tenant pas compte des autres conclusions des auteurs (ils trouvent une absence significative de consommation d’O2, une dette d’O2 en faveur du groupe étiré entre autre) qui peuvent être directement remises en cause par cette durée d’effort préalable plus longue, il est intéressant de constater que pour un tiers d’effort supplémentaire (et 35W d’intensité d’effort en plus), le Tlim n’est pas affectée dans le groupe sans étirements statiques.

    En d’autres termes, l’étirement statique durant l’échauffement.

    Base de connaissance résultante

    Ainsi, nous pouvons en conclure que les étirements statiques peuvent réduire la force d’un muscle (connaissance préexistante), qu’ils baissent la puissance de production d’efforts aérobie nécessaire pour atteindre la VO2max et donc qu’ils réduisent potentiellement la VMA (ou PMA pour les sports sur engin).

    Au final, les étirements statiques impactent également directement les efforts de longue durée en réduisant le rendement musculaire. En comparaison de la durée de l’effort, nous pouvons supposer (même si cela demandera des études complémentaires) que les étirements statiques réduisent potentiellement le Tlim.


    MISE EN PRATIQUE

    Public visé

    Tout public pratiquant des efforts de type aérobie.

    Procédure(s) d’utilisation

    Pour les préparateurs physiques et les entraîneurs, concrètement, cela signifie que l’utilisation des étirements statiques est à proscrire des échauffements de séances ou de compétitions à composante majoritaire Aérobie. L’emploi d’un échauffement plus cohérent semble donc nécessaire et surtout l’abandon des mauvaises coutumes sont à bannir.

    Apport(s) attendu(s)

    Il est important de souligner que cette publication est faite à partir d’une étude donc le but était uniquement le tlim et non les moyens aérobies en général. Ainsi, les conclusions portées ici demandent d’autres protocoles plus précis pour en tirer des conclusions définitives.

    Malgré cela, il semble que l’on puisse améliorer le volume global d’entraînement d’un athlète d’endurance (ou d’un athlète faisant une séance de type aérobie) en arrêtant la pratique des étirements statiques. L’emploi d’autres types d’étirements pourra peut-être être plus indiqué.


    MOTS CLÉS

    Etirements, endurance, VO2max, TVO2max, Tlim, force


    LECTURES SUGGEREES

    L. SAMOGIN et Coll (2010) Is acute static stretching able to reduce the time to exhaustion at power output corresponding to maxi- mal oxygen uptake? Journal of Strength and Conditioning Research 24(6)/ 1650-1656

    Pour aller plus loin

    Bacurau et Coll (2009) Acute effect of a ballistic and a static stretching exercise bout on flexibility and maximum strength. J Strength Cond Res 23: 304–308.
    BÊME (2012) Les étirements.
    Faina et Coll (1997) Anaerobic contribution to the time to exhaustion at the minimal exercise intensity at which maximal oxygen uptake occurs in elite cyclists, kayakists and swimmers. Eur J Appl Physiol Occup Physiol 76: 13–20
    Jones, AM (2002) Running economy is negatively related to sit-and-reach test performance in international-standard distance runners. Int J Sports Med 23: 40–43.
    Rubini, et Coll (2007) The effects of stretching on strength performance. Sports Med 37: 213–324.
    Saunders et Coll (2004) Factors affecting running economy in trained distance runners. Sports Med 34: 465–485.
    Støren et coll (2008) Maximal strength training improves running economy in distance runners. Med Sci Sports Exerc 40: 1087–1092.


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


     

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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