Electrostimulation et effets sur la fatigue nerveuse

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    L’électrostimulation ne permettrait pas de travailler sans fatigue nerveuse

    L’électrostimulation (ou EMS) est principalement utilisée pour 3 objectifs : La surimposition de l’intensité, la récupération ou réhabilitation (mode TENS ou BURST) et l’entraînement sans fatigue nerveuse. L’étude que nous allons voir ici nous montre que pour cette dernière option, ce n’est pas forcément une bonne idée, puisque la fatigue nerveuse apparaît, mais à retardement.


    L’électrostimulation en pratique

    Très souvent, on utilise l’EMS comme preuve que le muscle n’est pas épuisé quand un effort est exhaustif, preuve que c’est le SNC qui est la cause de la fatigue. Cela sous-entend que l’EMS n’a pas d’impact sur le système nerveux. Par conséquence, on peut utiliser l’EMS comme méthode d’entraînement musculaire ou physiologique lorsque l’athlète est fatigué, très fatigué et n’arrive plus à suffisament récupérer (notamment en fin de cycle).

    L’étude source nous montre que ce n’est pas forcément le cas.

    Normalement, lorsque l’on produit un effort volontaire, nous développons une réponse à un stimulus au niveau nerveux (cerveau) et ce dernier adresse l’ordre de contraction au muscle via le système nerveux. Une fois l’ordre reçu et accepté (boucles de vérification), il y a contraction musculaire. Si l’effort est répété suffisament de fois pour l’intensité choisie, le cerveau va créer une fatigue, en se bridant volontairement (ce que l’on appelle la fatigue nerveuse).

    L’utilisation de l’EMS va permettre de remplacer le réseau nerveux et le cerveau pour adresser localement les échanges électriques. On peut donc logiquement imaginer que le SNC va être épargné et que la fatigue qu’il en résultera ne sera que d’ordre local (dégradation des qualités musculaires, baisse des réserves énergétiques, baisse des composants nécessaires comme le calcium, le sodium…).

    L’étude

    L’étude va simuler 2 contractions de même intensité (en ajustant la charge sur l’effort volontraire et les impulsions électriques sur l’effort passif). La fatigue du système nerveux est calculée par le ratio MVC /(MVC + EMS). C’est à dire que l’on calcule la force de la contraction volontaire maximale et on calcule également la force maximale déployée lorsque l’on stimule électriquement et que l’on demande en plus au sujet de contracter volontairement son muscle (le principe de la surimposition). Ainsi, plus MVC/(MVC+EMS) en petit, plus la fatigue nerveuse est grande.

    Résultats

    Au final, nous obtenons le graphe suivant :

    La fatigue nerveuse est à son paroxisme immédiatement après l’effort pour la contraction volontaire, et quasiment inexistante sur l’effort EMS. La logique semble donc se confirmer.

    Mais là où la récupération s’opère en volontaire (baisse de la fatigue), la récupération des efforts EMS montre exactement l’inverse : une tendance linéaire vers un accroissement de la fatigue nerveuse (il est dommage que cela ne dépasse pas 30 minutes post-exercice, il aurait été intéressant de voir à partir de quel moment la tendance s’inverse).

    Conclusion

    En reprenant l’idée de Tim Noakes sur la fatigue (un bridage volontaire du système nerveux central pour protéger le corps), le cerveau est tenu informé des efforts même si on cherche à les lui cacher. Et au final, nous obtenons le même résultat de limitation volontaire de la force.

    Donc non, l’utilisation de l’électrostimulation ne préserve pas l’aspect nerveux. Il convient donc de l’intégrer à un entraînement comme charge ‘normale’ de travail et non comme une solution pour permettre un travail musculaire sans impact sur la fatigue générale.

    Limitations

    Il est évident que ces conclusions ne s’adressent que pour un programme d’entraînement, ceci ne concerne pas l’utilisation de l’EMS pour la récupération, l’effet antalgique ou anti-inflammatoire (TENS, BURST) qui n’utilisent pas les mêmes fréquences et intensités


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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