La redynamisation et les séances de musculation

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    redynamisation et séances de musculationParmi les habitudes que l’on prend, il en existe une qui pose question: la redynamisation après une séance de musculation ou un exercice de musculation.

    En effet, dans l’imaginaire collectif, la musculation ralentie, alourdie bref est intéressante mais pas trop en préparation physique (nous le voyons avec certains entraîneurs (pas Préparateurs physique) de haut niveau qui refusent ce travail, ou alors du bout des doigts (autant ne pas en faire plutôt que de se contenter d’ébaucher ce type de travail). D’autres, conscients de l’importance de la force musculaire et de la nécessité de la développée proposent de véritables séances de musculation, mais se rassurent en ajoutant des gestes ‘spécifiques’ en fin de séance ou entre les exercices (course, gammes, etc.).

    Cette mode de la redynamisation vient d’une lecture détournée des travaux de Cometti. En effet, adepte de la pliométrie et des efforts contrastés, il a orienté la majeure partie de ses travaux sur des séances jouant sur l’alternance des types d’efforts (force/vitesse, explosivité/isométrie, etc.).

    En parallèle à cela, à cette époque la préparation physique n’était qu’un accessoire très mal compris. On pratiquait la musculation comme des pratiquants exclusifs et en parallèle on faisait son sport. autant dire quasiment aucune logique entre les 2 (d’où la mythologie que la musculation rend lourd, lent, et même pire, peut provoquer des blessures).

    Indépendamment de l’étude que je vous ai proposé sur l’escrime où il est clairement démontré que les bénéfices de la musculation est à l’opposé de cela, la différence entre la pratique antédiluvienne de la musculation et les progrès que provoquent les solutions de Cometti induisent nécessairement une différence de taille. Et comme les travaux de Cometti s’orientent tous (ou quasi) du lourd vers l’explosif (vitesse, pliométrie, etc.) et qu’il aime bien utiliser des exercices en lien avec le sportif; on en a déduit que le fait de faire de la musculation nécessitait de faire des exercices de redynamisation juste derrière.

    Personnellement, je pense qu’il s’agit là d’une erreur d’interprétation. Le postulat me convient (le travail de contraste fait progresser), mais cette conclusion de la redynamisation me gêne beaucoup. Le fait de bien faire les choses mais avec de mauvaises motivations n’est pas une solution pérenne dans la gestion d’un entraînement.

    Observons l’intérêt de la musculation

    La musculation, d’une manière générale, grâce à ces mouvements (du plus simple au plus complexe en matière de coordination) permet de travailler avec une charge (poids du corps ou haltères ou autre) et donc de quantifier précisément le travail fait. Il permet donc une mesure précise de la charge de travail et des intensités presque muscle par muscle.

    Dans le panel des techniques de musculation (innombrables), il existe la méthode contraste. Cette méthode vise à travailler à une intensité puis à une autre plus basse. Les variations de charge, volume, vitesse de travail entre ces 2 manières de faire permet au système nerveux une adaptation importante.

    Toutefois, lors du second exercice (léger), le système nerveux est fatigué. C’est le contraste de charge qui permet une impression de facilité, de meilleure coordination. Pourtant, nous savons que l’aspect technique ne s’améliore qu’en état de fraîcheur (dès que la fatigue apparaît, il y a nécessairement détérioration de la technique = coordinations diverses).

    De là, comment voir un intérêt technique à une redynamisation, sauf à risquer d’implanter un mauvais schéma moteur (perte de la finesse du geste spécifique).

    En parallèle à cela, nous avons un postulat important: la modification de force dans un muscle entraîne une modification de la coordination musculaire (quantité de fibres utilisées, synchronisation entre les unités motrices, etc.). Ainsi, toute modification de la force doit impliquer un réapprentissage du geste final (d’où l’idée reçue que la musculation peut engendrer des blessures).

    Enfin, pour progresser dans une qualité, il faut travailler cette qualité. Plus le travail sera spécifique, plus il y aura progrès. Inversement, l’éparpillement (travail de multiples qualités) engendre une progression médiocre (voir nulle) sur l’ensemble des qualités. Tout est dans l’objectif de la séance.

    Au final, nous avons d’un côté un outil (la musculation) qui permet un travail pointu pour le développement de qualités, avec différentes techniques permettant une optimisation de ce travail (méthode contrastée par exemple) et de l’autre la nécessité de réapprendre un geste après toute modification des qualités propres à l’athlète.

    Nous savons qu’après un exercice donné, le système nerveux va obligatoirement être fatigué (plus ou moins). Donc le travail technique qui pourrait suivre risque de favoriser une amélioration (contraste) mais pas celle que l’on pense (technique du geste).

    Ainsi, en proposition finale, il semble que l’on aurait plus à gagner en utilisant des gestes non spécifiques durant les séances de musculation visant le développement de la force, de la résistance. Le travail propre de redynamisation, c’est à dire d’apprentissage d’un nouveau schéma moteur en relation avec les nouvelles qualités techniques se feront durant des séances différentes afin de travailler dans un état de fraîcheur propice à cela.

    L’usage d’un enchaînement musculation-geste spécifique pourra toutefois servir dans l’amélioration de l’endurance spécifique (supposant d’avoir développé la force spécifique).

    Bien évidemment les gestes ‘contrastés’ pourront ressembler aux gestes finaux (l’objectif est de travailler sur des chaînes musculaires spécifiques), mais ils devront en être suffisamment éloignés pour ne pas risquer un dérèglement de la technique du joueur.

    Un exemple? Nous voyons régulièrement des athlètes (sprinters, rugbymen, footballeurs, etc.) faire des squats. Ils posent la barre (la jette lorsqu’ils ont le droit) et se mettent à courir sur quelques dizaines de mètres). Ceci est typiquement l’exemple de redynamisation dont nous venons de parler.

    Au lieu de cela, il pourrait peut-être être plus intéressant d’enchaîner le squat avec un exercice d’haltérophilie très léger (explosif), des fentes sautées en ultra-fréquence, des sauts en longueurs, etc. plutôt que de faire un sprint (risques de perte de la technique, de blessure, etc.). Bref, choisir un effort dynamique pas trop proche du geste final pour ne pas casser la technique, la coordination chèrement acquise à l’entraînement !

    Travaillons chaque chose de manière optimale et tout s’agencera au profit de l’athlète. Mélangeons les genres et les résultats seront aléatoires!

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Livre – Entraînement Fonctionnel


      Déjà paru sur Musculation