Le squat et les idées reçues

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    En matière de guerre des clans, de mauvaise foi ou d’aveuglement extrême il est un exercice qui fait loi : le squat. Et oui, encore et toujours le squat. Est-il le meilleur exercice, est-il le plus dangereux, est-il, est-il ? Que de blabla pour pas grand-chose !

    squat et idées reçuesBeaucoup confondent entraînement optimisé et exercice magique en musculation. Un exercice, ce n’est pas que la pédale d’accélérateur de la voiture. Il y a aussi le volant, l’embrayage, la pédale de frein, le réglage des rétroviseurs, etc. et surtout un usage conjoint et synchronisé de tous ces éléments. A force de regarder uniquement le doigt, comme diraient certains, on oublie l’essentiel : la route.

    Oui je sais, votre sport (quel qu’il soit) est unique par rapport aux autres, il ne répond pas aux mêmes règles et objectifs. A écouter certains sportifs et entraîneurs, chaque sport modifierait les règles de dame nature juste pour eux. Comique non ?

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    Afin de ne pas partir tous azimuts, je vais me concentrer sur le culturisme, le Bodybuilding ou la musculation (je vous laisse le choix du terme en fonction de vos orientations philosophiques). La guerre fait rage en ce moment (depuis un long moment d’ailleurs) sur l’utilisation ou non du squat. Comme si un exercice unique était synonyme de progression, d’hypertrophie, de congestion, etc. C’est à croire que la mise en place de l’entraînement tourne autour du choix des exercices et non de la manière de les faire, de la quantité réellement effectuée, du stress global mis sur un muscle. Comme pour l’exemple précédent de la voiture : gestion à la petite semaine.
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    Dans le sport et à plus forte raison le culturisme, si un élément important (visible) est cassé, nous gérons cela facilement (un peu de rééducation, de renforcement, une pointe d’hypertrophie pour retrouver un équilibre et hop, on n’en parle plus).

    Certains réductionnistes imposent un point de vue en détruisant l’autre. Nous observons cela dans leur attitude face à l’alimentation : la plupart des gens mettent l’accent sur les calories. Cette idée, isolée des autres, peut laisser supposer que les aliments industrialisés sont de même valeur que les aliments ‘bruts’, à calories égales. Ils oublient presque à chaque fois de prendre en compte les enzymes, oligo-éléments, les fibres et l’index glycémique, etc. En se focalisant sur les calories uniquement, deux repas peuvent sembler similaires, mais produiront une réponse opposée au niveau du métabolisme.

    Et bien l’entraînement, c’est la même chose. Découper un mouvement en segments isolés ne réduira pas les blessures ou ne nous fera pas plus progresser. Le problème de cette vision est qu’elle réduit le fonctionnement de l’organisme, sans aucune valeur en terme de réalité. Il n’y a pas de vision globale du fonctionnement.

    A l’inverse, il faut regarder le squat (et tout autre mouvement de musculation) comme un mouvement global et non comme un traitement segment par segment.

    Les modèles et les séquences gestuels de notre vie se regroupent en mouvements unitaires regroupés dans notre mémoire (cerveau) de manière unique. Il s’agit, pour les informaticiens, d’un programme dédié (mental) qui a besoin d’un logiciel global pour fonctionner avec les autres programmes dédiés (notre ordinateur a besoin de windows pour faire fonctionner les autres programmes, pour les possesseurs d’un PC; pour les modernes avec les tablettes (j’attends la mienne) il faudra android pour faire fonctionner les logiciels). Un schéma moteur représente plusieurs mouvements simples qui sont utilisés ensemble d’une manière précise pour produire un geste précis.

    Ces mouvements fondamentaux sont stockés, ancrés dans les modèles de base, surtout s’ils sont reproduits de nombreuses fois. Si vous ne reproduisez que des mouvements de base (segmentaires), vous ne saurez pas les utiliser pour produire un mouvement global (comme le squat, le soulevé de terre, la course à pied, la brasse, etc.).

    Imaginez une calculatrice toute simple, Wordpad (un simple traitement de texte correspondant à la machine à écrire d’il y a 50 ans) et Paint (un simple logiciel de retouche photo). A Partir de ces 3 outils, que vous utilisez tous les jours (supposons), faites-moi une présentation professionnelle sur le thème de votre choix. Il vous faudra des jours voir des semaines pour y arriver (si vous y arrivez). Heureusement, il existe des logiciels centralisant ces 3 fonctions simples et qui permettent d’aller plus vite et surtout avec un bien meilleur rendu (Publisher, Word, Excel, etc.). Bien évidemment, la première fois ce n’est pas jojo. Mais avec le temps la qualité arrive.

    Et bien votre corps, c’est la même chose. Si vous ne faites que des exercices d’isolation, vous ne produirez que des ensembles de mouvements désordonnés les uns des autres. Si vous commencez un mouvement complexe, vous n’êtes pas prêt, vous vous blesserez ou vous n’arriverez tout simplement pas à le faire. Puis, avec l’expérience vous progressez en qualité et quantité. Mais pour cela, il faut un minimum d’outils que les mouvements ‘simples’ ne procurent pas : le mode d’emploi de l’agencement des mouvements de base.

    Si vous achetez une voiture avant d’avoir le permis, vous aurez du mal à conduire et à arriver en vacances en un seul morceau. En un mot :
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    Ainsi, avant d’approfondir cette manière de voir l’entraînement, quel que soit l’objectif, je vais commencer par montrer la réalité scientifique, c’est-à-dire que le squat n’est pas plus dangereux et moins productif pour le culturiste que la presse ou le leg extension (nous avons ainsi un mouvement de base, un mouvement poly articulaire et un exercice d’isolation). Cela évitera aux anti-squats (et antitout ce qui n’est pas isolation) d’avoir à y redire. Vous pourrez ainsi faire une bonne mise en place de votre exercice.

    Bien évidemment, cela ne vientpas tout seul et surtout certains seront incapables de faire un bon squat. Vous aurez ainsi différents tests à pratiquer pour vérifier l’origine de votre mauvaise technique.

    Cela nous amènera finalement vers différentes techniques et variantes du squat.


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    La réalité scientifique sur le squat
    Mise en place d’un bon squat
    Les tests pour connaître la cause d’un mauvais squat
    Exemples de variantes de squat
    Le Squat bras tendu


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

      4 thoughts on “Le squat et les idées reçues

      Livre – Entraînement Fonctionnel


      Déjà paru sur Musculation