L'INFLUENCE DES EXERCICES SUR LA MYOSTATINE ET LA FOLLISTATINE CHEZ LES FEMMES.
Ref: Gymsante_2011_02
CONTRIBUTEURS
Sébastien BÊME
EDITEUR
Gymsanté
PUBLIC VISE
Pratiquants recherchant une prise de masse musculaire (genre féminin prioritairement, masculin accessoirement).
ÉTUDES UTILISÉES
Exercise does not influence myostatin and follistatin messenger rna expression in young women.
• JENSKY and coll.(2010)
Journal of Strength and Conditioning Research 24(2)/522–530
ABSTRACT
L'entraînement avec des charges (musculation) entraîne, chez les hommes, des adaptations au niveau de la transcription de certains facteurs génétiques tels que la myostatine et la follistatine. Cette transcription permet une élévation de la réponse hypertrophique des muscles squelettiques. Ces facteurs sont prédominants sur les exercices excentriques (par rapports aux exercices concentriques), en utilisant des machines isocinétiques.
L'objet de l'étude utilisée était de vérifier la même corrélation chez la femme. Pourquoi ? La testostérone, facteur important pour l'homme dans la régulation de la masse musculaire, présente une sécrétion endogène d'environ 10% chez la femme, réduisant cette hormone à un rôle accessoire sur l'hypertrophie de féminine, laissant supposer un rôle plus important de ces facteurs de transcription.
En effet, le taux 'normal' de myostatine bloque l'activation et la différenciation des myoblastes et des cellules satellites (matière première à la régénération des fibres musculaires) en désactivant le facteur de transcription que sont les Myf5 et MyoD. L'entraînement provoque, chez l'homme, une augmentation de la follistatine, réduisant ainsi le taux de myostatine active, permettant donc la transcription des Myof5 et MyoD. Ceci est plus visible après des exercices excentriques que concentriques.
Ainsi, la présente étude visait à vérifier l'impact des entraînements de résistances sur les facteurs génétiques et ainsi arriver à trouver une cible dans l'établissement des entraînements féminins.
À partir de biopsies effectuées sur les sujets pratiquants différents types d'entraînement (Excentrique, concentrique), les facteurs de transcriptions que sont la myostatine et la follistatine n'ont pas variées significativement. Par contre, les facteurs, directement liés à l'activation et la différenciation des myoblastes et des cellules satellites, sont quant à eux fortement augmentés pour le protocole excentrique (MyoD notamment) après la première séance (pas après le protocole complet).
Ainsi, en sachant que la myostatine est un facteur de transcription assez spécifique aux fibres de type II et que les hommes possèdent une proportion plus importante de fibres de type II que chez les femmes (7), les auteurs émettent 2 hypothèses intéressantes :
1- Les fibres de type II réagissent différemment que pour les fibres de type I (notamment les fibres de type II pourraient être plus réactives aux entraînements de type excentrique).
2- Les marqueurs d'adaptation (telle que la myostatine) auraient des rôles différents chez l'homme et la femme.
En reprenant le principe d'inversion de l'ordre de recrutement des fibres en mode excentrique, nous pouvons supposer (sans écarter la proposition 2 faute d'informations complémentaires) que la proposition 1 reflète assez bien la réalité.
Ceci est corroboré par les données supplémentaires fournies par les auteurs : la tendance (à partir des données personnelles et non des données globales) va vers une baisse de la transcription de la myostatine pour le groupe Concentrique ; ce qui va à l'opposé des résultats chez l'homme.