La préparation physique en escrime

Vous aimez? Partagez moi !

    Parmi les sports ayant des idées reçues bien arrêtées quant à l’intérêt (et le contenu) de la préparation physique, l’escrime se trouve en bonne position.

    En effet, après avoir discuté avec quelques présidents et athlètes, la préparation physique est nécessairement liée à l’entraînement en salle de musculation et ‘ça ne sert à rien sauf à ralentir les gestes’.

    Ok! Supposons que la préparation physique ne soit que de la musculation. Observons les faits réels.

    En novembre 2001, un rapport de recherche fort intéressant est sorti: ‘effet d’un programme annuel de renforcement musculaire sur le développement des qualités musculaires des escrimeurs d’élite‘ (BAUER-MILLER-QUIEVRE).

    L’étude s’est faite autour de l’équipe de France de Sabre.

    Un groupe a pratiqué la musculation en préparation physique, le groupe témoin a pratiqué la PPG (renforcement inclus de manière ordinaire dans les entaînements de sabre).

    La musculation s’est déroulée comme suit :

    – 8 cycles de 4 semaines
    – Chaque cycle visait le développement d’une qualité précise selon l’ordre suivant:Cycles 1 à 3: PPG de type haltérophilie lourde (épaulés) + renforcement musculaire à la presse, au squat avant, Développer couché et rowing.

    – Cycles 4&5: Haltérophilie de type technique (arraché, jeté-fente) et redynamisation de type pliométrique (saut avec lancer, contre bas, montées de banc, etc.).
    – Cycles 6 à 8: Haltérophilie fractionnée (fentes avant jeté, arrachés départ genoux) et pliométrie lourde (sauts 1 pied, contre bas excentriques) et renforcement musculaire.

    L’utilisation de l’entraînement de type contraste (exercice lourd suivi d’un exercice léger, rapide et orienté vers les gestes du sabre) a été utilisé sur le cycle 7 (avant l’affûtage) pour permettre une spécificité du geste.

    Qu’apprenons nous avec ce rapport?

    Tout simplement qu’un entraînement planifié en musculation a permis d’augmenter toutes les qualités requises pour pratiquer l’escrime (force, puissance, explosivité).

    En observant la différence entre le groupe ayant pratiqué la musculation (violet clair) et le groupe témoin (violet foncé), il n’est pas nécessaire de commenter les résultats : l’entraînement en musculation a permis de développer la force exploitée à toutes les vitesses gestuelles, montrant ainsi une puissance et une explosivité nettement en faveur de ce type de préparation.

    Ainsi, l’élévation de la force générale et de puissance de l’athlète a permis une amélioration de la force à grande vitesse (explosivité), qualité qui a stagné sur le groupe témoin.

    Comme nous le voyons, non content de ne pas faire régresser les qualités physiques nécessaires aux escrimeurs, la musculation a permis de développer des qualités qui stagnent avec un entraînement ‘classique’.

    Bien évidemment, nous sommes face à des sportifs d’élites. Les qualités d’explosivités sont à des niveaux exceptionnels pour le commun des sportifs.

    Mais cela nous montre que :

    – Même lorsque l’on croit avoir atteint ses limites dans une qualité (le groupe témoin pourrait le croire et se contenter de maintenir l’explosivité), il existe toujours une solution pour s’améliorer. Seuls les a-priori peuvent empêcher ce dépassement des barrières.
    – La musculation, si elle est menée intelligemment, ne sera pas un frein à la progression. Au contraire, elle catalysera la progression des athlètes de niveau inférieur pour leurs faire atteindre leur potentiel plus rapidement.

    Dernière observation faite sur la progressivité de la planification de l’entraînement durant cette étude. Les cycles ont suivi la logique suivante :

    1 Renforcement initial (préparation)
    2 Puissance – force (apprendre à exploiter le potentiel existant)
    3 Force maximale (élévation du potentiel)
    4 Force-vitesse (élévation du niveau d’utilisation de la progression de force)
    5 Force maximale (de nouveau une élévation du potentiel)
    6 Puissance-vitesse (de nouveau apprentissage d’utilisation de cette progression)
    7 Force-vitesse (consolidation des acquis)
    8 Précompétition (affûtage)

    Cela nous confirme l’intérêt de l’alternance de travail des qualités, prenant appuis sur la force maximale (spécifique, l’objectif n’est pas de devenir champion de force) pour ensuite apprendre à utiliser cette force.

    La planification ainsi présentée montre des résultats (voir la progression présentée dans cette étude): il faut de la spécificité en permanence et il faut rester dans la cible neuromusculaire en permanence.


    Vous aimez? Partagez moi !

      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

      One thought on “La préparation physique en escrime

      Catégories Escrime

      Articles récents Escrime

      Les séries

      • Aucune catégorie

      Livre – Entraînement Fonctionnel


      Déjà paru sur Escrime