Les risques du dopage du point de vue du cœur et du système cardiovasculaire

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    En dehors des images chocs, si on maîtrise les quantités et si on est suivi par des personnes compétentes, les risques du dopage existe-t-il ?

    risques du dopageLe dopage est interdit. Bon ça on le sait et facilement démontrable. La loi du sport impose son règlement, le règlement sportif interdit certaines substances et procédé, c’est démontré !

    Le dopage est dangereux. Ça c’est plus compliqué. Comment des médicaments (une grande partie des dopants sont des médicaments que l’on trouve en pharmacie) pourrait-être dangereux pour la santé ? L’industrie pharmaceutique nous empoisonnerait-elle ?

    Bin oui, rien de nouveau sous le soleil : les médicaments sont des substances qui apportent des bénéfices (soin d’une maladie par exemple) et des inconvénients. C’est l’équilibre positif entre les bénéfices et les risques pour la santé qui définit si un médicament est autorisé (et sous quelle condition) ou interdit.

    Comment justifier les risques qu’apportent chaque substance si les bénéfices attendus pour la santé sont nuls (on n’espère que des bénéfices pour la performance).

    L’inconvénient vient de l’interdiction même du dopage. En effet, qui dit interdiction dit absence de statistiques entre les causes et effets sur les sportifs. Facile alors de dire  »prouves moi qu’il y a des risques sur une pratique dopante avec un suivi et des quantités maîtrisées ».

    Pour tenter de répondre à cela, je vous propose un petit tour d’horizon des effets secondaires possibles sur l’organisme. Je rappelle, pour les défendeurs du dopage, que effets secondaires possibles signifie possible, pas automatique, mais également imprévisibles…

    Pour cet article, je vais me placer du côté du cœur et du système cardiovasculaire.

    Les effets communs

    D’une manière générale, les substances dopantes ne s’arrêteront pas à la digestion et aux effets là où on le souhaite. Chaque substance dopante va avoir des actions sur TOUTES les fonctions du corps.

    Le dopage hormonal

    Le dopage hormonal, le plus connu actuellement dans la presse, correspond aux anabolisants et aux Corticoïdes.

    Les anabolisants

    Le principal objectif des anabolisants, pour les sportifs, est la synthèse des protéines donc la masse musculaire maigre.

    Ca c’est ce que l’on attend. Parmi les autres actions qu’auront les anabolisants, on retrouve :

    – Des effets hydroioniques. En gros, on réduit la capacité d’élimination par les urines (du sodium du potassium, chlore et bien évidemment de l’azote composant primordiale des protéines).
    – Des effets hémtologiques. Augmentation de la sensibilité au collagène, de la protéine S et de l’anti-thrombine 3 (toutes ayant un effet sur la fluidité du sang). Baisse de l’activité fibrinolytique (risques d’infarctus hémorragiques).
    – Des effets métaboliques. Activation du métabolisme lipidique en augmentant le cholestérol total, le LDL et les triglycérides tout en baissant le HDL. Augmentation de la résistance à l’insuline.
    – Des effets sur le cœur. Gonflement des mitochondries, nécrose et fibrose des protéines structurelles du muscle cardiaque.

    Bref, rien de très méchant, n’est-ce pas ?

    Les corticoïdes

    Les principaux effets attendus de ces hormones est la baisse de la douleur (antalgique) et de l’inflammation (anti-inflammatoire).

    Elles ont un effet négatifs sur :

    – La rétention d’eau et de sel (on gonfle)
    – L’augmentation de la tension artérielle
    – L’augmentation de la glycémie (jouant sur l’insuline et potentiellement le diabète de type 2)
    – La baisse des stocks de potassium (ayant un rôle important dans la contraction du muscle cardiaque)
    – L’augmentation de l’acidose (à l’heure où l’on parle de régulation acido-basique pour réduire les risques pour la santé et notamment au niveau du système cardiovasculaire).

    Tout ceci cumulé s’appelle le syndrome d’hypercorticisme pouvant dévier en syndrome de Cushing en cas de chronicité (Obésité du haut du corps, hirsutisme, troubles psychologiques…).

    En d’autres termes, hypertension artérielle et baisse du potassium (risques d’infarctus accrus), vergetures, fonte musculaire (un comble), fragilité des vaisseaux sanguins, ostéoporose, diabète de type 2,

    Le dopage sanguin

    Le dopage sanguin va regrouper plusieurs spécialités : l’EPO et les transfusions sanguines.

    On pense souvent que cela est cantonné aux sports d’endurance. Mais non, les sports où la répétition des efforts très intenses bénéficient également de ce dopage.

    L’EPO

    Les effets attendues de l’EPO (ou érythropoïétine) sont une meilleure production de globules rouges pour augmenter l’oxygénation des muscles ( recul du seuil ventilatoire, baisse de la concentration des lactates sanguins, réduction de l’utilisation du glycogène au profit des stocks lipidiques).

    Les effets négatifs sur le système cardiovasculaire seront :

    – Une augmentation de l’hématocrite, donc augmentation de la résistance à l’avancement de la circulation sanguine périphérique.
    – Une augmentation du calcium libre, donc asthénie, anorexie et/ou nausées possibles et surtout une acidose des articulation (arthrose à venir).
    – Une augmentation de la viscosité du sang et de l’agrégation plaquettaire (le cœur doit plus travailler pour faire circuler le sang).
    – Une augmentation de la production de l’hormone de croissance, favorisant la vasoconstriction et la coagulation (à cumuler avec l’augmentation de la viscoélasticité du sang) et surtout, c’est l’hormone qui aujourd’hui semble directement responsable du vieillissement des cellules du corps.

    Les transfusions sanguines

    Quelles soient auto ou allo, elles ont pour objectifs de provoquer une augmentation immédiate de la quantité de globules rouges.

    Les risques pour le système cardiovasculaire sont :

    – Un risque d’infection (aiguille, qualité du produit transféré)
    – Une hypervolémie, c’est-à-dire l’augmentation du volume du sang. La tension artérielle augmente, la viscoélasticité aussi, le cœur fatigue.

    Le dopage par les stimulants

    On retrouve ici les stimulants respiratoires et cérébraux. Ils vont avoir un impact direct sur le fonctionnement du cœur et de son système.

    Les stimulants respiratoires

    On retrouve ici toute une panoplie de produits jouant sur le système nerveux autonome sympathique pour dilater les bronches, augmenter la vigilance du SNC, accélérer le rythme cardiaque. Certains auront même un double effet kiss-cool avec l’action stimulante et anabolisante (le Clenbutérol par exemple).

    Les effets secondaires qui interviendront à plus ou moins grande échelle et long termes sont :

    – Des crises angineuses pour les personnes à risque (le cœur a plus de besoin que de possibilité d’oxygène, il entre en ischémie et doit donc pomper encore plus fort). Si l’ischémie est durable ou répétitive, risques de nécroses des tissus cardiaques.
    – Un modification du potassium et tachycardie (emballement du cœur, donc risques comparables à l’ischémie) avec les Béta 2 mimétiques.

    Les stimulants cérébraux

    Ici, l’objectif sera d’augmenter la vigilance, l’agressivité, de réduire les sensations de fatigue ou de douleur.

    Les effets secondaires possibles sont :

    – Une vasoconstriction accompagnée d’une élévation du rythme cardiaque (tacchycardie)
    – Risques immédiats de crise cardiaque (amphétamines)

    Le dopage par stupéfiants

    Ici, je ne m’étendrai pas, la liste est trop longue quant aux produits et effets attendus.

    Les effets secondaires potentiels attendus :

    – Une Bradycardie/endocardie, hypotension avec risques de syncope (amphétamines, quinine…)
    – Une Tachycardie (cannabis et solvants)
    – Augmentation de la résistance coronarienne (moindre adaptations aux besoins), tachycardie, hypertension, infarctus (cocaïne)

    Conclusion

    D’une manière générale, les produits pharmaceutiques et non-pharmaceutiques auront des effets connus sur le système cardiovasculaire, soit de manière directe et brutale (infarctus) soit de manière insidieuse que l’on retrouvera des années après. Parmi ces effets, on peut retrouver :

    L’hypertension artérielle

    Il s’agit du risque le plus grave pour le système cardiovasculaire. Les composés chimiques responsables de cela sont : les anabolisants, les corticoïdes, l’EPO, les stimulants cérébraux.

    Ils agiront tous à des niveaux différents (parfois en provoquant une vasoconstriction, parfois en augmentant la viscosité du sang…).

    Les effets peuvent donc n’apparaître que bien plus tard, lorsque le muscle cardiaque (ou les muscles lisses des vaisseaux sanguins) seront suffisamment modifiés (adaptation). C’est alors souvent trop tard.

    Les produits responsables :

    – Les anabolisants : rétention hydrosaline
    – Les corticoïdes : rétention hydrosaline et vasoconstriction
    L’érythropoïétine : effet vasoconstricteur par altération du métabolisme calcique
    – Les amphétamines : vasoconstriction par augmentation des résistances artérielles périphériques

    Les Thromboembolies

    Cumulez la bradycardie, la déshydratation de l’effort et vous découvrez des thromboses périphériques, des embolies pulmonaires ou des effets sur le système coronarien.

    Là aussi tous les types de dopants jouent un rôle différents (EPO, auto-transfusion, hormone de croissance, anabolisants, stimulants cérébraux…).

    Les produits responsables :

    L’érythropoïétine : hyperviscosité
    L’autotransfusion (et allo) : hyperviscosité.
    L’hormone de croissance : hyperviscosité
    – Les anabolisants : activité procoagulante
    – La cocaïne : augmentation de l’agrégation plaquettaire

    Les coronaropathies

    Cumulez la thromboembolie et l’augmentation de la coagulation du sang et vous vous retrouvez avec un problème typiquement issu du tabac.

    Les troubles du métabolisme des anabolisants favorisent fortement cela en libérant les triglycérides et le cholestérol LDL. En gros vous augmentez les chances d’infarctus par déchirement des coronaires (ou mort subite).

    Les troubles du rythme cardiaque

    Comment parler des problèmes au cœur sans évoquer son rythme et ses soucis. En utilisant les stimulants respiratoires et cérébraux, vous déséquilibrez le fonctionnement du cœur (notamment au travers le système nerveux autonome) et vous arrivez, petit à petit, à des troubles du rythme cardiaque (ventriculaire et supra ventriculaire) pouvant aboutir à la mort subite.

    Les stimulants respiratoires responsables :

    Sympathomimétiques
    Théophylline et dérivés
    Béta 2 mimétiques
    Clenbutérol

    Les stimulants cérébraux responsables :

    – Les amphétamines : épuisement des réserves énergétiques du cœur

    Les stupéfiants stupéfiants :

    – Les morphines, héroïne et la quinine : bradycardie ; hypotension, endocardite
    – Le cannabis ; solvants ( colles ) : tachycardies
    – La cocaïne : tachycardies

    Les cardiomyopathies

    Il s’agit de l’altération des fibres musculaires du cœur (fibrose, nécrose).

    Les produits responsables :

    – Les anabolisants : fragmentation des myofibrilles, gonflement des mitochondries, lésions structurelles.
    – Le clenbutérol : Hypertrophie cellulaire du cœur.
    L’erythropoïétine : Hypertrophie ventriculaires, nécroses et fibroses locales.

    Et tout ceci sera bien évidemment démultiplié en cas de multi-dopage.

    Maintenant, à vous de choisir : Êtes-vous sûr d’avoir la maîtrise des risques même sous contrôle médical et avec de faibles doses ?

    Source : http://www.clubcardiosport.com


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