Diplôme, pas diplôme ?

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    Depuis quelques mois, c’est la guéguerre dans le milieu de la préparation physique. Les vieux contre les jeunes (ça va, je suis entre 2^^), les technologiques contre les papiers-crayons, les diplômés maximus contre les diplômés minimus… Comment s’en sortir de toute cette faune ? Juste un résumé de mon expérience personnelle et donc mon point de vue sur l’intérêt de l’ensemble des formations pour les préparateurs physiques. Si cela peut aider…

    Bien évidemment, étant pro « diplômé minimus », je ne vais pas être impartial. Vous êtes maintenant informés !

    Un diplôme, ça sert à quoi ?

    Le diplôme a 2 objectifs : d’une part donner un droit à exercer un travail (reconnaissance d’un bagage minimal permettant de l’exercer) et d’autre part, flatter l’Ego. Surtout l’Ego des français, puisqu’en France, le diplôme est la seule chose que chacun considère comme un gage de qualité…

    Le droit d’exercice

    Tout comme le permis de conduire vous autorise à conduire une voiture car on a contrôlé que vous avez appris et acquis les règles de conduite sécuritaire, le diplôme vous permet d’exercer une profession car on a contrôlé que vous maîtrisez les règles de cette profession. En matière de préparation physique et plus généralement de coaching sportif, puisque la préparation physique n’existe pas d’un point de vue législatif (pas présent dans le registre des métiers), il y a contrôle que vous avez un minimum de connaissance en anatomie, physiologie, en sécurité des exercices, etc. Bref normalement vous n’allez pas placer un athlète débutant sortant d’une opération du genou sous une barre de 200K et lui demander un squat Jump (enfin normalement…).

    Ces diplômes minimum sont le Brevet Professionnel et la licence entraînement (pour résumer). En gros ces diplômes sont reconnus. Ils vous permettent la base (l’initiation, parfois le perfectionnement si vous faites des qualifications spécifiques à certains sports).

    Au niveau légal, c’est tout. Pas besoin de plus, vous avez les bases (et ce ne sont que des bases, pas un certificat de compétence reconnue).

    À côté de ces diplômes légaux, il y a les diplômes commerciaux obligatoires. Ce sont les formations qu’imposent certaines marques pour avoir le droit d’utiliser leurs matériels, méthodes, marques. Ceux-ci ne sont pas obligatoire pour exercer le métier de préparateur physique, mais pour utiliser le matériel desdites marques. Ils ne sont pas suffisants pour exercer. Ainsi, il ne suffit pas de passer une certification Pilate pour se dire coach sportif (vous n’aurez pas la carte professionnelle de coach sportif si vous n’avez pas les diplômes légaux).

    À côté de cela, vous pouvez avoir envie de professions plus spécifiques. Par exemple professeur de sport, enseignant-chercheur… Il vous faut donc ds diplômes légaux apportant ces compétences spécifiques.

    La flatterie de l’Ego

    Là je suis dur, je sais, et surtout de parti pris. Mais cela m’a pris lorsque j’ai découvert un métier qui n’existe pas (comme le préparateur physique) dont certains centres de formation proposent une certification à cette profession réservée uniquement à ceux qui font déjà de la réathlétisation… En gros vous obtenez un bout de papier disant que vous faites ceci ou cela.

    Qu’une VAE (validation d’acquis par votre expérience) pour avoir un diplôme légal obligatoire, c’est compréhensible. Mais que l’on vous propose l’équivalent pour une profession n’existant pas au registre des métiers… A la rigueur, qu’on ouvre cette certification à ceux qui veulent en faire, je peux comprendre. Mais là… C’est du costaud. Vous remplissez votre CV, rien de plus. C’est ce que j’appelle flatter son Ego.

    C’est un peu comme les diplômes universitaire de préparation physique (reconnues bac + 3)… ils sont légaux en quoi ? En la préparation physique ? Mais c’est un métier qui n’est pas reconnu, donc ce diplôme ne sert qu’à remplir un cv, rien de plus.

    Sauf… oui, il y a forcément un mais… cette formation apporte des connaissances dont vous avez besoin.

    L’intérêt des formations non obligatoires

    Et oui, même cet exemple du DU Préparation physique, que j’ai pris précédemment, a un grand intérêt. Pas au niveau reconnaissance (sauf entre pairs, mais ça ce n’est pas ce qui donne la compétence et qui nourri son homme à la fin du mois, sinon tous les doctorants auraient un travail en relation avec leurs formations…). Mais plutôt pour vos besoins sur le terrain.

    Après avoir obtenu vos diplômes légaux, vous allez devoir travailler. Très vite, on se rend compte que l’on a appris certaines approximations (je deviens diplomate avec le temps^^), on se retrouve dans des situations inconnues que l’on ne sait pas gérer.

    Il va donc falloir se remettre à l’ouvrage pour corriger ces approximations, trouver les bonnes techniques (ou les bons outils) pour gérer ces situations inconnues. Bref, on va devoir apprendre plus.

    Pour cela, différentes options s’offrent à nous : reprendre les études pour approfondir celles dont nous sortons, suivre des formations plus spécialisées, voir s’autoformer sans aide extérieure.

    L’autoformation

    C’est la plus facile : vous faites ce que vous voulez, vous lisez, vous contactez des collègues et échangez, vous suivez des colloques…

    A titre personnel, c’est celle que j’ai choisie. Forcément celle que je défends. Mais pas contre vents et marées… car la perte de temps est immense entre les fausses-bonnes informations, les données brutes qu’il faut apprendre à comprendre, les informations inutiles-inutilisables qui brouillent l’ensemble du tableau.

    Mais au final, si on a le temps (années), c’est celle que je conseille. Si vous voulez un papier justifiant de vos compétences, oubliez.

    La formation par la reprise des études

    Celle-là, c’est le retour à l’université, tout simplement. Vous avez votre licence, vous poursuivez jusqu’au master. Ou vous virez pour un DU de préparation physique.

    L’immense avantage est que le parcours est balisé. Les formateurs ont choisi pour vous les bonnes informations (enfin en général) et ils peuvent vous les expliquer directement.

    Le problème est que cela ne vous apportera pas plus de travail. Un master 2 n’a pas plus d’opportunité qu’un autre ayant les diplômes minimum. Vous prenez donc énormément de temps pour au final résoudre votre problème de manque de connaissances, pour finir par entre « désolé, pas assez d’expérience » puis « désolé, je veux juste un BP » ou pire « quoi, vous voulez un salaire au niveau de votre diplôme ? ». Je caricature à peine, le monde du sport est un monde de bisounours où le coach doit vivre d’amour et d’eau fraîche.

    Bref, personnellement, pour un étudiant en cours d’étude, c’est parfait. Gain de temps, optimisation des connaissances, etc. Il faut juste savoir que le nombre d’emplois en relation avec le niveau d’étude fera que vous serez une exception si vous en vivez.

    Mais quoiqu’il arrive, cela reste universitaire. Il vous manquera toujours des informations que vous devrez acquérir seul ou en utilisant des formations spécialisées.

    La formation spécialisée

    Beaucoup critiquent cette voie, peu la connaissance en dehors des idées reçues véhiculées à droite ou à gauche.

    Tout d’abord, il y a les diplômes spécifiques développées par les fédérations. Attention, je ne parle pas des spécificités de préparation physique pour tel ou tel sport… restons sérieux 2 minutes quand même^^. Non je parle de diplômes propres à devenir compétent dans un sport pour l’utiliser dans sa préparation physique. Par exemple, apprendre les bases de l’haltérophilie auprès de la fédération d’haltérophilie, apprendre les bases de la course à pied auprès de la fédération d’athlétisme, apprendre les bases de la natation auprès de la fédération de natation, etc. Et ainsi être capable d’inclure ces outils au sein de ses propres programmes d’entraînement.

    Mais il n’y a pas que les fédérations. Il y a aussi les colloques ou « petites » formations du même type faites par des entraîneurs spécialisés dans ses fédérations. Ainsi, 3 jours de formation privée avec l’ancien entraîneur national d’haltérophilie ne sera pas moins bon que les 3 jours avec la fédération. Ce sera tout simplement différent : le contact, la pratique, la disponibilité, l’encadrement, tout change, faut choisir ce qui nous convient.

    Mais au fait, à force de faire autant de petites formations à droite ou à gauche… que de perte de temps, que d’erreurs possibles dans nos choix, non ?

    Et c’est là qu’arrivent maintenant des formations plus généralistes. Par exemple les formations pour ceux qui veulent avoir les bases de la préparation physique (ou ceux qui veulent approfondir). C’est à qu’il y a la mauvaise image, le cliché de la formation payante n’apportant rien d’autre que la richesse des créateurs. Quelle erreur ! Et le gain de temps, le choix des sujets traités, l’orientation de l’évolution du cursus de formation vers telle ou telle spécialité, le choix des intervenants pour assumer un niveau qualitatif ?

    C’est ce que proposent toutes ces formations non diplômantes : faire gagner du temps. Pas de l’argent bien sûr puisque le temps gagné est récupéré en monnaie sonnante et trébuchante par ces sociétés de formation. Mais tout travail mérite salaire, non ? Si, si, tout travail, ne croyez pas que l’université soit gratuite et que les enseignants y sont bénévoles…

    Conclusion

    En conclusion, pour faire ce superbe métier qu’est coach sportif (voir préparateur physique avec un peu d’expérience), il vous faut des bases légales. Ces bases sont clairement insuffisantes. Il faudra apprendre à utiliser de nouveaux outils, approfondir les connaissances théoriques, ajouter de l’expérience.

    Ainsi, réfléchissez bien au choix de votre diplôme, quel niveau est vital pour votre projet professionnel et surtout, faites très rapidement votre plan de formations ultérieures…

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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