L’hyperplasie musculaire

Cet article est le numéro 4 sur 6 du dossier Adaptation musculaire à l'entraînement
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    L’hyperplasie, comme nous l’avons vu précédemment, est la capacité d’un muscle à s’adapter à l’effort par multiplication de ces cellules (fibres musculaires).

    Il s’agit du Graal du BodyBuilder (augmentation du matériel à hypertrophier). Cette adaptation a longtemps été sujette à caution pour de multiples raisons.

    L’hyperplasie, dans la littérature, existe sous 2 formes : L’hyperplasie transversale (casse d’une fibre musculaire en 2 dans sa section et reconstitution de 2 fibres musculaires à partir de ces 2 morceaux) et l’hyperplasie longitudinale (casse d’une fibre musculaire en 2 dans sa longueur et reconstitution de 2 fibres à partir de ces 2 morceaux). L’hyperplasie a longtemps été sujette à caution pour 2 raisons : l’hyperplasie longitudinale, bien que théoriquement faisable, n’a jamais été observé et l’hyperplasie transversale ne pouvait qu’être difficilement observable chez l’homme (nécessité de biopsie) et donc n’a été montré que chez certains animaux (dont les muscles possèdent des propriétés différentes des muscles humains).

    Dans leur revue d’études, Poortmans et Boisseau (Biochimie des activités physiques, DeBoeck, 2009) montrent que l’amélioration des techniques de recherche (notamment grâce à l’immuno-fluoresence de Kadi, 2000) permet maintenant de compter les fibres musculaires sans dissection du muscle en question. En sachant qu’il existe un équilibre ‘naturel’ dans le ratio entre nombre de noyaux cellulaires et le nombre de cellules musculaires (le nombre de noyaux des fibres musculaires augmente grâce à l’entraînement, mais seul le dopage permet de dépasser un certain seuil), l’immuno-fluorescence a montré un accroissement très important de ce nombre de noyaux après l’entraînement régulier de force-résistance, impliquant nécessairement une augmentation du nombre de fibres musculaires dans les muscles visés. Ceci ne montre en aucun cas si le résultat est dû à une rupture longitudinale ou transversale de la fibre, mais elle montre l’existence de ce phénomène.

    Comme nous l’avons écrit plus haut, l’hyperplasie est traditionnellement présentée comme la résultante d’une rupture des myofibrilles et plus précisément lors des exercices de type excentriques (Winchester, 1992 – Darr et Schultz, 1999 – Smith, 2001). Cette hypothèse est rendu impossible par une étude de 2000 (Komulainen) qui montre l’absence de lien entre un accroissement de la masse musculaire (hypertrophie) et la rupture des fibres musculaires faisant suite à des sessions d’entraînement en force-résistance (concentriques et excentriques). Une nouvelle définition de l’hyperplasie semble devenir nécessaire.

    De fait, plusieurs études (Barton-David, 1999) ont montré un lien entre la libération du facteur de croissance IGF-1 et la prolifération des noyaux des cellules satellites. Cette prolifération coïncidant avec l’augmentation de la masse musculaire. Le facteur de croissance IGF-1 engendrant la synthèse protéique au sein de la cellule musculaire (activation des noyaux pour produire les protéines nécessaires à la consolidation interne de la fibre), nous pouvons en déduire que l’hyperplasie ne semble pas la conséquence d’une réparation de cellules musculaires coupées (transversalement ou longitudinalement), mais comme un phénomène surcompensatoire dépendant de l’entraînement et de l’activité hormonale sans lien direct avec une quelconque utilisation de matériel contractile endommagé (apparemment).

    Source : Poortmans et Boisseau (Biochimie des activités physiques, DeBoeck, 2009)

    Fin de la Partie 04 .


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


    Partie 01 – Introduction à l’adaptation musculaire

    Partie 02 – Le renforcement musculaire

    Partie 03 – L’hypertrophie musculaire

    Partie 04 – L’hyperplasie

    Partie 05 – Les cellules satellites

    Partie 06 – Exemples d’utilisation de l’adaptation musculaire


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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