Adaptation énergétique: l’énergie

Cet article est le numéro 2 sur 7 du dossier Adaptation énergétique à l'entraînement
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    L’énergie utilisable par les muscles se nomme l’ATP (Adénosine Triphosphate)

    l'énergie musculaire

    C’est en cassant cette molécule que l’énergie est libérée et que les muscles peuvent fonctionner.

    Le corps fabrique et casse en permanence cette ATP, étant donné qu’elle n’existe qu’en très petite quantité. C’est comme si l’organisme avait fait de la politique et avait décidé qu’au lieu de nourrir un organe, mieux valait lui donner de quoi se fabriquer sa propre subsistance. C’est la politique du long terme, même si cela fonction selon différents mécanismes permettant d’aussi gérer le court terme.

    Ainsi, afin d’apporter cette subsistance, nous utilisons l’alimentation et son apport en matériaux énergétiques.

    Le rôle du préparateur physique sera d’orienter les types de stocks et d’améliorer leur utilisation afin d’optimiser la performance sportive.

    L’ATP

    L’ATP (Adénosine Tri-phosphate) est une molécule possédant 1 adénosine pour 3 phosphates. La molécule d’ATP possède la caractéristique suivante: lorsqu’elle se casse, elle libère de l’énergie, celle-ci est utilisée par le muscle (cette énergie est nécessaire à l’accroche du phosphate à l’Adénosine, il ne s’agit donc que d’un prêté pour un rendu). L’amélioration du fonctionnement de la fabrication de cet ATP s’appelle l’adaptation énergétique à l’effort.

    Ainsi, en cassant cette molécule, nous obtenons l’équation suivante :
    ATP→ADP+Pi+nrj.

    Le fonctionnement énergétique

    Le rôle de l’organisme est donc de fournir de l’ATP aux muscles, qui se dégradera à proximité des têtes de myosines afin de fournir l’énergie. Ainsi libérée, elle permettra le pivotement de cette tête et donc le raccourcissement du muscle.

    Le rôle de l’entraînement est d’améliorer les capacités de réponses de l’organisme : amélioration des capacités dépendantes de la structure (fibres musculaires, tissu conjonctif, vaisseaux sanguins, etc.) et amélioration des capacités métaboliques telles que l’activité énergétique.

    Justification de ce fonctionnement

    Donc, durant l’activité musculaire, différentes actions se mettent en route au sein de notre corps. Ceci aussi bien dans les muscles qu’à l’extérieur, de manière à apporter la matière première. L’ATP est présente dans les muscles en très petite quantité, permettant un fonctionnement de quelques secondes (1 à 3 selon les auteurs). Autrefois, cela permettait la fuite immédiate et brutale devant un danger pressant. Après cette première étape de fuite devant l’adversité, il fallait pouvoir tenir la distance mise entre celle-ci et l’homme. C’est ce que l’on appelle maintenant la filière Anaérobie Alactique (AA).

    En effet, il convenait de refaire les stocks ou alors d’avoir d’autres sources d’énergies rapidement exploitables pour pouvoir tenir quelques temps la fuite et de maintenir une vitesse suffisante pour éviter de se faire rattraper par le danger. C’est chose faite avec la PhosphoCréatine (PC).

    Puis, afin de se mettre définitivement hors de danger, nous utilisions une seconde source d’énergie : il s’agit ici de refaire rapide de l’ATP à partir du glucose, correspondant à la Filière Anaérobie Lactique (AL).

    Par contre, pour faire face à la faim, la soif, l’homme devait poursuivre des proies potentielles sur de longues distances, ou migrer (comme pour la migration des oiseaux, de manière à trouver des végétaux comestibles et mûrs; n’oublions pas que nous étions encore en période glaciaire). Pour cela, il faillait non plus avoir des capacités rapides et fortes, mais plutôt endurantes.

    L’homme a donc développé une capacité à utiliser d’autres sources énergétiques (lipides notamment) et d’autres mécanismes de transformation (avec l’oxygène) non plus pour avoir une réaction rapide, mais une capacité dans la durée sans avoir à se réalimenter. C’est la filière Aérobie (AE).

    La régulation

    Les hormones, quant à elles, possèdent une fonction de régulation de l’énergie (ou tout du moins du niveau des stocks). Sans rentrer dans le détail de leur fonctionnement et de leur utilité (qui font l’objet d’un document à venir), nous regarderons leurs implications dans ces phénomènes énergétiques.

    Conclusion

    Voyons maintenant le fonctionnement de ces filières et surtout leur reconditionnement après utilisation (le temps de récupération entre les séries et entre les entraînements). Nous cantonnons cet article à l’aspect énergétique. Ainsi nous n’entrons pas dans le détail des autres composants pouvant limiter ou améliorer les efforts (comme le calcium, le potassium, technique, matériel, etc.).

    Dans ce dossier, nous n’aborderons volontairement pas la notion de rendement énergétique. En effet, cette notion acceptée dans la plupart des cas, présente des incohérences. Ces incohérences ont amené la spécificité française de la PPG puis PPS c’est-à-dire entraîner l’aérobie (endurance) en début d’année pour arriver progressivement vers la spécificité de l’athlète. Nous savons que ce n’est pas la meilleure manière de préparer un sportif pour la compétition (voir dossier sur la Préparation Physique).

    Ainsi, en reprenant les notions de rendements, nous en arriverions à dire que la filière aérobie est plus intéressante du point de vue énergétique (nombre de molécules d’ATP formées par rapport à la quantité consommée de glucose). Or, plus l’intensité (force ou vitesse) est importante, plus la dépense énergétique est haute (par unité de temps). Ceci n’est pas cohérent avec la notion de performance.

    Cette notion de quantité de dépense énergétique par unité de temps a été mise en avant par Newsholme et Letch (1998) pour un athlète de 70 kilos :

    Ainsi, baisser de 8% l’intensité amène à une réduction de 28% de la dépense énergétique (100/400m). Une baisse de 39% de l’intensité se conclura par une réduction des dépenses énergétiques de 74% (100/10000m). Chiffres relatifs, rapportés à la distance de 100m.


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


    L’énergie
    Déplétion et réplétion énergétique
    Filière anaérobie alactique
    Anaérobie Lactique
    Aérobie
    Réplétion du glucose


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Deja paru sur Gymsante

      Livre – Entraînement Fonctionnel