Le mécanisme de contraction musculaire

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    Ou les régimes de contraction musculaire du muscle squelettique strié.

    En 1954, Hugh Huxley propose la théorie de la contraction par glissement des filaments. C’est elle qui prévaut encore de nos jours et qui est la base de la physiologie de la contraction musculaire.

    Source: http://blog.fysiki.com/les-differentes-fibres-musculaires.html

    L’idée est très simple: les muscles sont composés de fibres musculaires qui sont elles-même composées de myofilaments.

    Chacun de ces myofilaments est composé de myofibrilles. Ces dernières sont les unités contractiles de nos muscles, c’est leurs composants qui vont permettre ce que Huxley appelle le glissement.

    Commençons par observer la composition de ces myofibrilles :

    Comme nous le voyons sur la photo ci-dessus, il existe un empilement de 2 protéines: l’actine (que l’on appelle aussi filament fin) et la myosine (ou filament épais).

    Le phénomène de contraction correspond à un glissement de ces deux protéines l’une sur l’autre, provocant un raccourcissement de la fibre et donc du muscle.

    Comment? Les filaments de myosine sont constitués d’une partie hélicoïdale et d’une tête de myosine. Lors de la contraction musculaire, la tête de myosine s’accroche au filament d’actine et pivote. Cette action engendre un déplacement du filament de myosine par rapport à celui d’actine.

    Représentation de l'accroche des têtes de myosine

    Schématiqement, nous nous retrouvons avec le mouvement suivant :

    représentation du raccourcissement d'un sarcomère

    Ainsi, comme nous pouvons le comprendre très simplement, il n’existe que 3 sortes de positions pour nos unités contractiles: le raccourcissement, l’allongement ou le maintien de la longueur. Il s’agit des régimes de contraction des muscles striées que l’on appelle :

    • L’excentrique : lorsque les filaments de myosines s’éloignent.
    • Le concentrique : lorsque les filaments de myosines se rapprochent.
    • L’isométrie : lorsque les filaments restent sur un écartement égal.

    A quoi cela correspond dans la réalité (durant le sport)?

    Prenons un mouvement simple pour les biceps.

    Lorsque je contracte mon muscle, la barre monte et le biceps se raccourcit. C’est le régime concentrique. Si la barre est trop lourd, je n’ai pas la force de retenir la barre, elle descend (c’est la même chose si je baisse volontairement cette barre). Le muscle s’allonge, c’est de l’excentrique. Si la barre est d’un poids égal à ma force, en contractant au maximum, j’arriverai à tenir la barre sans qu’elle bouge (c’est la même chose si je décide de la garder volontairement dans une position). C’est de l’isométrie.

    Nous avons donc défini et illustré les 3 seuls régimes de contractions possibles physiologiquement pour le muscle strié.

    Au gré de la littérature (ou des sites Internet), nous pouvons lire qu’il existe un 4ème régime de contraction: la pliométrie. Pour savoir ce qu’est là pliométrie, je vous propose de lire l’article correspondant.

    Il s’agit d’une erreur courante, provenant de la confusion entre un régime de contraction (donnée physiologique) et une technique d’entraînement. En effet, la pliométrie est la succession d’une phase d’étirement très rapide suivi immédiatement d’une phase de raccourcissement (ou SSC). Il s’agit donc d’un enchaînement du régime excentrique avec le régime concentrique selon un tempo précis. Ainsi, il ne peut en aucun cas s’agir d’un régime de contraction, mais d’un agencement spécifique de plusieurs régimes de contraction.

    Enfin, dernièrement j’ai appris qu’il existe un 5ème régime de contraction (ou 4ème selon que l’on ait intégré ou non le fait que la pliométrie n’est pas un régime de contraction): l’électro-stimulation.

    Avant d’aller plus loin, précisons qu’il s’agit bien évidemment d’une grossière erreur (pour ne pas créer de confusion).

    Lorsque l’on veut contracter un muscle, on adresse à ce dernier un signal électrique (grâce au système nerveux); C’est ce signal électrique qui va permettre un ensemble d’opération qui auront pour finalité la contraction musculaire.

    Les tenants de la théorie du 5ème régime de contraction oublient que l’électrostimulation ne provoquent pas de modification dans le muscle au point d’engendrer un mouvement différent des 3 régimes de contraction. Elle ne fait qu’adresser un message nerveux programmé par ordinateur (l’appareil de stimulation) qui passera par le réseau nerveux local. Il ne s’agit donc pas d’un régime de contraction, mais d’une technique d’information, de signalisation, de stimulation.


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Livre – Entraînement Fonctionnel