L’approche de la préparation physique par le NSCA

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    NSCALe terme Préparation physique, en France, n’existe plus. Il est comme le terme nutritionniste : plus rien. Quelques connaissances en sport, un diplôme de base (même fédéral) et on peut se vendre ‘Préparateur Physique’. C’est ce dont on se rend compte quand un footballeur vient vous voir et vous présente ses anciens entraînements à base de 5×10 à toutes les sauces. A l’aide du NSCA, je vais essayer de redonner une définition de cette profession.

    Le NSCA, c’est le National Strength and Conditionning Association. Une sorte d’association proposant des solutions d’entraînement à partir des observations du terrain ET des différentes études sportives. Un peu l’équivalent de ce que faisait Notre Cometti national ou actuellement l’Insep, mais puissance 100 grâce aux moyens financiers qu’ils possèdent. Ils ont un grand concurrent, le NASM. La concurrence n’est que relative puisque le NASM est surtout orienté forme alors que le NSCA est plutôt orienté performance. L’un est plus reconnu au niveau commercial outre-mer (NASM), l’autre plus une référence, un poids lourd de la connaissance sportive. Les 2 sont complémentaires.

    Bref, comme toute association visant à améliorer l’activité physique, il y a recherche d’un consensus sur la manière d’entraîner. Consensus fluctuant bien sur avec l’avancé des connaissances, mais consensus quand même.

    Voici la politique, l’approche de l’entraînement du NSCA, que je pense être plutôt favorable à l’ensemble des sports et des préparations physiques. Cela peut servir de support à tout athlète quant à la réalité de la qualité de préparation physique que l’on vous propose (à la salle de fitness, d’haltéro, de CrossFit ou tout simplement sur tous les stades de France).

    Loi 1 : L’analyse des besoins et caractéristiques de chaque sport

    Chaque athlète doit subir une batterie de tests, propre à son sport. Chaque sport doit être différencié des autres quant aux besoins d’amélioration.

    Ainsi, si on vous propose d’intégrer une routine prévue pour tous, pour le NSCA, ce n’est pas une démarche performante de préparation physique. C’est simplement une activité physique pour se dépenser (et progresser en globalité).

    La démarche Préparation physique du NSCA est d’analyser les caractéristiques d’un sport (ou d’un poste), d’observer les besoins de l’individu et d’en définir un besoin de progression, des objectifs et donc des moyens à mettre en oeuvre.

    Loi 2 : Le choix des exercices

    Il s’agit d’une étape très importante pour le préparateur physique. Chaque exercice apporte des avantages et inconvénients. Prévoir un exercice et le remplacer par un autre n’offre pas la même finalité à la séance.

    De même, chaque sport (et chaque morphologie de l’athlète) demande des spécialisations. Vouloir faire faire la même chose à tous n’est pas une démarche qualité.

    La démarche qualité du Préparateur physique, pour le NSCA, est donc de ne pas choisir ses exercices au hasard, mais en fonction de la qualité à développer, de l’usage potentiel dans le sport et de l’adapter à chaque sportif.

    Loi 3 : Le nombre de séances (le volume)

    Les besoins et les possibilités de chaque athlète diffèrent tout le long d’une saison.

    La démarche qualité du Préparateur physique, pour le NSCA, est donc de ne pas d’adopter le même nombre de séances pour tous les athlètes de son groupe mais au contraire de personnaliser au maximum pour des résultats optimum (et permettant aussi de réduire les risques de blessures).

    Loi 4 : L’agencement de la séance

    L’agencement des séances intègre l’ordre des exercices ET l’ordre des qualités travaillées durant cette séance. Travailler la force en début ou en fin de séance n’aura pas la même implication (développement du potentiel ou développement de l’endurance de cette dernière). De la même manière, un exercice donné affectera toujours spécifiquement les exercices suivants (oui, l’aspect fonctionnel apparaît même ici).

    La démarche qualité du NSCA, pour le Préparateur physique, est donc de varier les agencements avec conscience pour en retirer le maximum d’effet, et non toujours proposer le même agencement, ni tout mélanger en permanence, sans logique à termes.

    Loi 5 : La charge d’entraînement et des exercices

    Ici, on parle de charge dans le sens intensité, poids sur les barres, résistance de l’élastique, inclinaison de course, etc. Pour le NSCA, l’intensité a une définition et un objectif : définir le fonctionnement nerveux du corps durant l’effort. On ne progresse pas sur les mêmes facteurs en travaillant à différentes vitesses ni à différents pourcentages de charge.

    Au final, pour le NSCA, une préparation physique de qualité se définira aussi par la politique de l’intensité de chaque séance.

    Loi 6 : Le volume d’entraînement

    Le volume d’entraînement (nombre de séances, durée de chaque séance). De la même manière, le nombre de répétitions par série rentre dans la notion de volume (pour définir l’avancement de la fatigue au sein de la série). On ne travaille pas la même qualité physique en finissant une série carbonisé ou encore frais. Objectifs différents, moyens différents.

    Dans une démarche qualité en Préparation physique, pour le NSCA, il est nécessaire de prendre en compte les différentes possibilités de volume à l’intérieur d’une série, de la séance voir du cycle.

    Loi 7 : La récupération

    La récupération au sein de la séance rentre exactement dans le même moule que le volume. Chaque athlète récupère différemment en fonction du volume global de la semaine, du cycle… Proposer à tous le même repos est une erreur au même titre que de proposer la même séance de préparation physique pour tous les sports.

    Ces 4 dernières lois sont interdépendantes les unes des autres. Elles ne peuvent en aucun cas être identiques à chacun des athlètes d’un pool d’entraînement. Elles ne peuvent en aucun cas être identiques sur l’ensemble de l’année ni d’un cycle.

    Conclusion

    En conclusion, le NSCA nous propose de réfléchir sur ce que recherchent les athlètes : une préparation physique pour être performance ou une remise en forme plus ou moins prononcée.

    C’est la première chose, à titre personnel, que je cherche à détecter lorsque l’on me prospecte pour un suivi. L’implication n’est pas la même, le coût non plus bien sûr.

    C’est d’ailleurs peut-être une des démarcations qui existe entre un préparateur physique et un coach sportif (démarcation que les institutions semblent rechercher actuellement sous la pression des coaches diplômés).

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Deja paru sur Gymsante

      Livre – Entraînement Fonctionnel