La Préparation physique

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    La Préparation Physique est l’approche permettant d’élever les qualités neuromusculaires nécessaires à une pratique sportive. Il s’agit donc du socle sur lequel s’appuiera l’entraîneur pour amener l’athlète à un niveau technique, tactique et psychologique permettant la performance.

    Ainsi, la Préparation Physique touche les parties de l’entraînement liées à l’énergétique, le renforcement musculaire, la coordination.

    Sans caricaturer ces trois éléments de la Préparation Physique (ils sont intimement liés), nous pouvons définir ces derniers comme :

    L’énergétique est l’élévation des capacités de l’organisme à supporter les charges d’entraînement tout en optimisation la filière propre à la pratique sportive (spécificité). Ainsi, le Préparateur physique intègrera la planification prévue par l’entraîneur pour permettre à l’athlète de supporter l’entraînement technico-tactique, tout en élevant la filière énergétique propre à la performance du sport développé.

    Le renforcement musculaire est la partie communément comprise lorsque l’on parle de Préparation Physique. Il s’agit du travail visant à travailler et développer la force liée à la pratique sportive (la force étant l’unité de base de toute pratique sportive). Cette partie renforcement musculaire implique l’amélioration de la structure neuromusculaire pour supporter sans blessure l’application de cette force nouvellement développée. Elle a donc un rôle préventif voir de reconditionnement lors d’un retour de blessure ou d’arrêt prolongé de la pratique sportive.

    La coordination, quant à elle, est la préparation aux gestes du sport entraîné. Communément appelée ‘transfert de force’ ou ‘redynamisation’, il s’agit de l’apprentissage de la mise en pratique (utilisation) du renforcement musculaire et de l’énergétique. Attention, il ne s’agit en aucun cas d’une séance d’entraînement tactique, même si la coordination peut être intégrée à cette séance. Il s’agira plutôt d’un conditionnement physique hyperspécialisé permettant à l’athlète d’apprendre l’usage de la force développée.

    Remodelage du modèle de la Préparation Physique.

    Depuis plusieurs décennies, nous observons (ou entendons) parler de PPG et PPS. Ces abréviations signifient Préparation Physique Générale ou Spécifique. L’idée était de développer initialement des qualités générales permettant d’élever en totalité les capacités de l’organisme (souvent entendues comme l’endurance, l’aérobie) pour s’approcher au fur et à mesure de l’avancement de la saison vers une élévation des qualités spécifiques à l’activité sportive.

    Cette démarche, compréhensible dans les sports avec des compétitions en fin de saison (athlétisme, natation, haltérophilie, etc.), n’est pas possible avec la grande majorité sportive où les matchs se font chaque semaine. Elle provient d’une habitude des vieux pays où le sport était lié aux capacités des jeunes gens à participer à la défense d’un pays. L’endurance étant alors la principale qualité nécessaire pour supporter des marches importantes, des phases de sommeil courtes ou fractionnées.

    Ainsi, selon Frédéric Aubert (enseignant-formateur à l’Insep et P.P. au CASG), nous pouvons distinguées différents type de préparation physique autres que le duo PPG/PPS :

    • La Préparation Physique dissociée
    • La Préparation Physique associée
    • La Préparation Physique intégrée

    La préparation Physique Dissociée consiste en l’établissement de phases d’entraînement séparant la Préparation Physique et l’entraînement propre du sport (par exemple P.P. le matin et entraînement technique le soir).

    La Préparation Physique Associée consiste en l’établissement de phases d’entraînement juxtaposées, séparant la P.P. et l’entraînement propre au sein d’une même séance en proposant par exemple des phases de travail énergétique suivies de temps de jeu.

    La Préparation Physique Intégrée consiste à travailler une qualité physique (telle que la force par exemple) au sein d’un entraînement technique ou tactique.

    Chacun de ces types de P.P. correspond à une période d’entraînement, développant des qualités différentes, et surtout de manières différentes. En effet, la dissociation permettra un développement important des qualités, puisque paramétrable sans avoir de lien absolu avec l’entraînement sportif. L’association permettra un développement moindre (moins de temps d’application) mais beaucoup plus proche du geste final. Elle permet notamment de travailler une même qualité selon différents angles d’approches. L’intégration, quant à elle, se précisera lors de l’approche des compétitions (affûtage) de manière à travailler au maintien d’une qualité tout en la précisant dans le temps de jeu ou le geste sportif.

    Chacun de ces types de P.P. permettra des développements qualitatifs et quantitatifs différents, correspondant à des périodes différentes de la saison sportive. La Logique de la PPG/PPS est ainsi maintenue. Non pas en partant du général pour atteindre le spécifique, mais en partant d’un fort développement avec peu de transfert (ou mise en mouvement) pour atteindre un maintien avec un apprentissage d’utilisation absolue.

     

    En fait,  il ne s’agit que d’entraînements et non d’une préparation physique réelle. On ajoute une notion Préparation physique à une séance dirigée par l’entraîneur. Le développement des qualités ne pourra être optimal et donc réellement intéressant.

    Le contenu de la Préparation Physique.

    La Préparation Physique intègre différentes composantes. Ces composantes, que nous avons vues plus haut, de par l’historique de la P.P. sont souvent établies selon un ordre d’importance :

    • L’énergétique (correspondant aux qualités athlétiques)
    • Le renforcement musculaire (correspondant au développement de la force et des éléments neuromusculaires la composant, correspondant à la musculation et l’haltérophilie avec ou sans matériel)
    • Et dans une moindre mesure (récent) la prévention (gainage, qualités proprioceptives, d’origine kinesthésique).

    Selon Aurélien Broussal (Préparateur physique des Judokas anglais, membre de la cellule haut niveau, double master en P.P. et entraînement), il conviendrait d’éclater la P.P. non plus selon l’ordre d’arrivée de ces composantes, mais selon une répartition à 5 branches :

    • Prévention et réadaptation
    • Développement énergétique
    • Amélioration neuromusculaire
    • Planification de l’entraînement
    • Récupération

    Pour en revenir à Frédéric Aubert qui ajoute une notion pragmatique (empruntée à Alain Jousselin, entraîneur de sprint) : la Conphytech. Il l’applique au sprint, mais elle est facilement transférable à d’autres pratiques sportives.

    La Conphytech

    Elle est l’abréviation de Condition Physique Technique.

    Il s’agit d’une vision globale de la saison et de la pratique sportive (geste) servant de support à la préparation physique. Le travail général, anciennement PPG, doit toujours être mis en place selon un objectif précis. Ainsi, l’endurance (ou endurance de force) doit se faire au sein de la séance dans une mise en place propre à l’objectif final (il ne sert à rien de développer la capacité aérobie avec de longues séances de course à pied, de nage ou de vélo. L’objectif sera plutôt le travail spécifique d’un geste comme la vitesse. Au sein de cette séance, le volume de travail et les temps de repos seront gérés de manière à développer l’endurance spécifique. La spécificité passant ainsi au premier plan de la séance, l’endurance étant une conséquence.

    Cette approche, très intéressante notamment du point de vue prévention, réadaptation et variation des séquences, permet de travailler une qualité sans l’entraîner spécifiquement.

    Chez les haltérophiles, cette notion pourrait s’appeler s’approcher de la notion de contraste : un travail lourd pas obligatoirement spécifique, suivi de mouvements explosifs (survitesse ou pliométrie) permettant l’accroissement de la coordination. Cet accroissement permettra ainsi un travail de la vitesse gestuelle non plus généralisée, mais dans les charges (intensité) proches de la performance souhaitée. Cela s’approche très fortement de la Préparation Physique Intégrée, mais avec une notion d’amélioration de la qualité de base et non un maintien de cette qualité.

    La planification

    Qu’est ce qui a signé la mort de la PPG et l’apparition d’une Préparation Physique plus spécifique, plus liée au terrain de jeu ?

    Ce n’est pas l’augmentation de la récurrence des compétitions (les sports collectifs supportent des compétitions hebdomadaires depuis des décennies).

    Ce n’est pas l’apparition de nouvelles pratiques comme la proprioception puisqu’elles existaient déjà en parallèle de la PPG (et en faisaient partie intégrante).

    Ce n’est pas l’hyperspécialisation des athlètes (notamment avec la dissociation des qualités nécessaires à chacun des postes d’une équipe de sport collectif) puisque le renforcement musculaire et les séquences techniques permettaient déjà cette dissociation.

    En fait, la modification de la Préparation Physique s’est fait parallèlement à l’expansion de la périodisation de l’entraînement.

    En effet, l’usage prédominant de ce type de programmation est arrivé en même temps que l’apparition des préparateurs physiques, apportant des compétences différentes à celles des entraîneurs

    Il y a une quinzaine d’année (avant elle était appliquée de manière ponctuelle, selon les choix des entraîneurs et des préparateurs physiques) sont apparues les études les plus intéressantes sur la périodisation ondulatoire. Cela coïncide avec le début de la mort de la PPG et la démocratisation de la spécificité de la Préparation Physique et le lien nécessaire avec l’entraînement.

    Comme le montre notre publication sur la périodisation ondulatoire, les meilleures progressions se font grâce à une périodisation séquentielle de l’entraînement. Cette périodisation étant meilleure de manière ondulatoire par rapport la linéarité (endurance, endurance de force, puis force). Cette périodisation ondulatoire étant le reflet parfait de la ConPhyTech ou de l’incrémentation des Préparations Physiques Associées, dissociées et intégrées aux entraînements.

    Ainsi, la nouvelle approche de la Préparation Physique, en corrélation avec l’entraînement, se doit d’appliquer une périodisation ondulatoire, de manière est être non seulement spécifique au sport développé, mais surtout de manière à être spécifique à l’athlète, à ses qualités et déficits. Il s’agit là d’une notion propre à la Préparation Physique : la Spécifié de chaque athlète préparé. A défaut de cette spécificité, nous retournons en arrière avec une PPG obsolète.

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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