La pliométrie pour le haut du corps

Cet article est le numéro 2 sur 2 du dossier Pliométrie
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    Après la présentation de la pliométrie, observons maintenant l’intérêt souvent controversé de l’usage de la pliométrie pour le haut du corps.

    La pliométrie du haut du corps est surtout liée à l’usage des Medecine Ball (5 kilos généralement). Plusieurs études montrent que cela peut améliorer la puissance musculaire visée, mais pas le temps de développement de la force maximale. C’est pourtant l’objectif numéro 1 de la pliométrie : réduire le temps nécessaire à l’application d’une force, ou plutôt appliquer la plus grande force possible dans un temps impartie de plus en plus court.

    Pourquoi?

    Prenons l’exemple du saut en hauteur qui est assez frappant. Le temps d’application de la force au moment de l’impulsion est d’environ 100 ms pour les athlètes de l’élite. Le temps nécessaire pour appliquer la force maximale de l’ensemble des muscles impliqués dans ce mouvement est d’environ 500 ms. Il est donc évident qu’aucun sauteur en hauteur ne pourra appliquer la totalité de sa qualité force au moment de l’impulsion. Il lui est nécessaire d’augmenter la vitesse à laquelle il applique la force pour espérer en appliquer le plus possible sur les 100 ms d’appui au sol. C’est l’objectif numéro 1 des séances d’entraînement pliométrie.

    Pour l’impact de l’entraînement pliométrie sur les muscles du bas du corps, les études ont largement démontré l’intérêt. Par contre, pour les muscles du haut du corps, il y a très peu d’études exploitables et la plupart d’entre elles ne montrent pas d’intérêt dans cette élévation de vitesse d’application d’un force.

    Pourtant, une énorme partie des sports sont demandeurs d’une amélioration de cette qualité pour le haut du corps (tennis, natation, sports de combat, sports de lancers, etc.).

    Observons les études existantes en commençant par celles sur le bas du corps (là où cela fonctionne).

    Comment se passent les protocoles, généralement? Quelles sont les consignes d’entraînement que nous avons observé dans la présentation de la pliométrie

    Les chercheurs et entraîneurs recommandent de ne pas commencer l’entraînement pliométrie avant que les athlètes ne soient à un niveau suffisant de force (1,5x le poids du corps en Squat par exemple). On peut être d’accord ou non avec cette directive, elle implique néanmoins que la majeure partie des pratiquants ont un niveau de force important au moment de l’usage de la pliométrie.

    Nous avons aussi observé que la plupart des exercices correspondent à des sauts (avec élan, avec contre élan, en contre bas, sur place en une jambe, etc.). Considérant le poids du corps et la surcharge des différents élans, sauts, etc. nous atteignons des charges inouïes appliquées sur les muscles.

    Maintenant, observons les études qui expliquent que la pliométrie n’apporte pas d’intérêt quant au développement de la vitesse de la force.

    Newton (1994) nous montre qu’un entraînement avec des Medecine Ball de 5 Kg chez des débutants en préparation physique (pas de vécu avec les poids et haltères) ne permets pas de lancer une balle (Baseball) plus rapidement, mais qu’il permet d’améliorer le 6RM au Développé couché.

    Wilson (1996) nous montre une absence d’amélioration de la force et de la vitesse d’application de celle-ci avec des sujets entraînés en force.

    Il semble donc que la pliométrie pour le haut du corps n’offre que peu ou pas d’intérêt dans l’entraînement (en dehors du travail d’habileté motrice).

    Pourtant, certaines études ont tenté de trouver une solution. Ainsi, Vossen (2000) trouve des améliorations à la vitesse d’application de la force grâce aux pompes sautées à genoux. Nous remarquons immédiatement la différence de charge (le poids du MB de 5 Kg contre le poids de chute du haut du corps sur les pompes sautées à genoux qui représente environ 40% du poids de l’athlète).

    Bien évidemment le travail de pompes sautées est très spécifique et ne pourra pas être transféré à de nombreux sports. Mais il nous montre la voie: faire un travail de pliométrie avec des charges nettement plus lourdes que celles que l’on utilise habituellement avec un Medecine Ball. L’usage des haltères, des barres, des Sacs de lest (ou sac bulgare).

    En conclusion, la pliométrie est intéressante même pour le haut du corps, mais les forces appliquées doivent être proportionnelles aux forces réelles de l’athlète pour ces muscles. L’usage des Medecine Ball ne semble pas très intéressant pour développer la vitesse d’application d’une force maximale. peut-être devrions-nous cantonner l’usage de ces outils aux exercices d’habileté et de réathlétisation.

    Bine évidemment, cette nécessité de charge importante par rapport aux habitudes impliquent une préparation importante de renforcement du système neuromusculaire notamment au niveau des épaules, sous peine de blessures graves.


    Sources :

    Newton et Coll (1994) Baseball Throwing Velocity: A Comparison of Medicine Ball Training and Weight Training. Journal of Strength & Conditioning Research. 8(3):198-203

    Vossen et Coll (2000) Comparison of Dynamic Push-Up Training and Plyometric Push-Up Training on Upper-Body Power and Strength. Journal of Strength & Conditioning Research 14(3):248–253.

    Wilson et Coll (1996) Weight and Plyometric Training: Effects on Eccentric and Concentric Force Production. Revue canadienne de physiologie appliquée, 1996, 21(4): 301-315


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


    Partie 01 – Présentation de la pliométrie

    Partie 02 – le cas particulier de la pliométrie du haut du corps


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Livre – Entraînement Fonctionnel