Nécessité de Motivation

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    Adoptez un esprit conquérant, recherchez la motivation absolue

    motivationTrivialement assimilée à une réserve d’énergie, voire une ébauche d’énergie, la motivation est un état psychologique dans lequel l’athlète se positionne pour atteindre un résultat. La règle d’entraînement recherchant la motivation est évidente, mais l’appliquez-vous comme il faut?

    Il ne s’agit pas de faire preuve d’une débauche d’énergie, de dynamisme donc d’activité, mais plutôt d’un engagement volontaire de l’athlète pour donner une direction dans l’utilisation de celles-ci.

    La motivation, primordiale à chaque entraînement, de mon point de vue, est l’outil propre à l’athlète pour rendre les séances d’entraînements qualitatives. Bien évidemment le rôle du coach est d’aider l’athlète à rentrer dans cet état d’esprit lorsque ce dernier n’est pas présent, mais l’athlète est l’acteur et le metteur en scène principal de cette chaîne.

    En donnant le chemin d’utilisation de l’énergie, de l’enthousiasme, la motivation va permettre de canaliser celle-ci pour en réduire les pertes. Nous assimilons cela à une réserve d’énergie procurée par la volonté de l’athlète. Mais en réalité, nous pouvons supposer, comme pour un geste parfait, qu’il y a moins de pertes donc plus d’énergie disponible à l’usage voulu.

    Elle permettra, pour l’athlète qui se trouve face à de multiples stimulations, de prendre la bonne décision. Celle qui lui permettra d’atteindre le but et donc de limiter les actions à la nécessité et non à la profusion.

    Dans la littérature, la motivation est décrite de manière différente selon les auteurs et surtout les périodes. Ainsi, Kant nous présente la motivation comme un équilibre entre l’obligation et le plaisir de satisfaire à cette obligation. Maine de Biran nous présente la motivation comme le chef d’orchestre de toutes les ressources internes à l’individu permettant d’atteindre un objectif. L’atteinte de l’objectif n’étant que le plaisir, alors que la motivation est la capacité de se dépasser soi-même face aux autres.

    Au final, nous trouvons une conception très personnelle, très ‘individualiste’ de la motivation en la présence d’une parcelle de liberté qui permet à l’athlète de se dépasser lui-même, de donner le petit plus qui fera que les outils à sa disposition (l’entraînement, donc passivité) seront ou non exploités. La force de la motivation sera d’autant plus forte que le résultat final (plaisir) sera important, mais également (voire surtout) si l’espace de liberté donné à l’athlète est suffisant pour que sa motivation apporte un réel plus dans l’entraînement.

    En effet, tous les participants à une finale d’une compétition ont pour objectif de la gagner (nous partons du principe que nous avons à faire à des compétiteurs et non à des participants). Tous ont suivi un entraînement de haut-niveau. Tous ont un niveau à peu près équivalent (les différences sur la finale du 100m mètres par exemple, sauf athlète d’exception, sont infimes voire inexistantes). Pourtant tous ne pourrons gagner, voir beaucoup perdront la finale : la mise en place de la course ne sera pas optimale par rapport à ce qu’ils proposent à l’entraînement.

    Les différentes motivations ont été présentées selon plusieurs degrés par la pyramide de Maslow (1943, indiquant les besoins par degré d’importance ou de nécessité). Différentes théories telles que les théories de l’ESC, d’Herzberg, de Mac Clelland, la théorie VIE, etc. proposent des approfondissements, des explications de la pyramide. Cette pyramide de Maslow, ne faisant pas l’unanimité, n’est pas une théorie utilisable en l’état. En effet, parmi les critiques apparues, nous trouvons le manque de personnalisation possible de la motivation, la limitation à l’animalité de l’homme (trop grossier).

    Néanmoins, certaines orientations précises semblent apporter un intérêt pour notre sujet, le sport. En effet, la motivation, comme nous l’avons observée, est interne, propre à l’athlète. Par contre, la démotivation semble provenir en majorité d’éléments extérieurs (Herzberg). L’objectif d’un entraîneur pourrait être de permettre à la motivation de l’athlète de trouver les solutions afin de renforcer cette capacité à résoudre les problèmes durant les compétitions (montrer qu’elle est capable de résoudre le problème pourrait limiter les risques de barrières psychologiques).

    D’un point de vue plus physiologique, l’hypothalamus, centre nerveux par excellence des systèmes ortho- et parasympathiques, de la vie végétative de l’organisme, donc de l’inconscience de fonctionnement de ce dernier, semble être le siège par excellence de la motivation. En effet, son fonctionnement binaire (augmentation ou réduction de processus vitaux tels que la fuite, le combat, la faim, la soif, accélération ou réduction réflexe du pouls, etc.) semble parfaitement indiqué aux fonctionnements de la motivation qui permettent ou non la mise en état optimal de l’athlète avant et durant une compétition.

    L’hypothalamus étant également un des centres du plaisir (Skinner), le lien entre motivation (cheminement optimal pour faire une action) et résultat (plaisir) semble évident. La satisfaction (plaisir) du résultat accompli pourrait donc être renforcée si l’implication de l’athlète existe (le centre recherchant le plaisir participant à cette recherche implique une démarche active augmentant ainsi la dimension de satisfaction personnelle, d’égo).

    Afin d’effectuer un parallèle, toutes proportions gardées notamment quant à l’intérêt, nous pourrions donner l’exemple d’Ehrenfried versus Pilates®. En effet, cette kinésithérapeute (1896-1994) a développé une méthode d’éducation/rééducation visant à orienter les patients plutôt qu’à leurs montrer les gestes et postures. L’objectif étant d’une part que la personne ressente et se positionne en fonction de son propre corps, mais surtout qu’elle intègre mieux ces postures au travers la motivation, c’est-à-dire au travers un processus interne permettant un meilleur encrage automatique. Plus tard, cette méthode est reprise et optimisée du point de vue commercial par la méthode Pilates®.

    Afin d’arriver à la motivation souhaitée, c’est-à-dire à la mise en place interne des processus permettant la performance et surtout à la capacité de ressentir l’atteinte de l’objectif/plaisir par soi-même, Gymsanté propose des séances d’entraînement suffisamment dirigées pour que l’athlète atteigne l’objectif final, mais en laissant une place pour que l’implication, la motivation de l’athlète atteigne sa plénitude.


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Livre – Entraînement Fonctionnel