introduction à l’adaptation musculaire durant l’entraînement

Cet article est le numéro 1 sur 6 du dossier Adaptation musculaire à l'entraînement
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    Lors des entraînements, nous déclenchons des catabolismes multiples : casse des protéines contractiles, des protéines structurelles, perte des réserves énergétiques, usure des éléments non contractiles (ligaments, tendons, etc.).

    De là, durant la période de récupération, l’organisme va s’opposer au catabolisme par l’anabolisme c’est-à-dire la construction ou reconstitution de ce qui a été dégradé. C’est l’adaptation musculaire à l’effort.

    Bien évidemment, il n’y a pas de transition brutale entre l’entraînement catabolique et la récupération anabolique. L’organisme va avoir une période transitoire de ‘nettoyage’ qui se caractérise par une continuité du catabolisme (par exemple pour permettre aux macrophages de nettoyer les zones abimées) qui progressivement se réduira en même temps que l’anabolisme se mettra en place.

    L’objet du présent article sera de voir comment la cellule musculaire se renforce au niveau de sa structure et de ses protéines contractiles afin que chacun puisse en déduire l’entraînement optimal en fonction de ses objectifs. L’objectif n’est donc pas d’observer tous les mécanismes d’améliorations des performances (telles que l’amélioration du système nerveux ou l’amélioration énergétique) mais plutôt de se focaliser sur l’aspect cellulaire du muscle.

    La cellule musculaire, durant un exercice, subit un certain nombre d’agressions qui impliqueront une nécessité de réparation. Sommairement, ces agressions, peuvent provoquer des usures fonctionnelles (par exemple les têtes de myosine qui cassent), structurelles (les protéines permettant à la forme de la cellule d’être ce qu’elle est, comme par exemple la Titine) ou encore des casses plus importantes de type rupture (casse complète des protéines structurelles engendrant une coupure de la cellule en 2 morceaux séparés). Ce dernier évènement pouvant aller jusqu’à la blessure (rupture partielle ou complète du muscle).

    De ces différentes possibilités de dégradation, nous arrivons à plusieurs adaptations possibles de l’organisme. Le renforcement des cellules (remplacement du matériel contractile touché avec amélioration des qualités pour résister au travail effectué = surcompensation). L’hypertrophie (l’amélioration de la structure du muscle) comprenant également un renforcement contractile). Et enfin l’hyperplasie (création de cellules musculaires complètes à partir de morceaux de cellules musculaires existantes et ‘coupées’).

    Nous insistons sur la différence entre ces 3 phénomènes d’adaptation. Souvent la littérature sportive englobe dans le terme hypertrophie l’ensemble des améliorations musculaires touchant les protéines le constituant (comprendre non nerveux, énergétiques ou collagineux).

    Voici les définitions de ces trois phénomènes d’adaptation protéique.

    Renforcement : Le renforcement des protéines musculaires est une capacité du corps humain à réparer les éléments contractiles (actine, myosine et notamment les têtes de myosines) avec un effet sur-compensatoire (augmentation des capacités de ces éléments à résister à l’effort physique) afin de supporter des contractions sans casse lors des efforts physiques futurs.

    Hypertrophie : l’hypertrophie musculaire est une capacité du corps humain à augmenter la taille des muscles par un épaississement de ses éléments constituants pour en augmenter la force de résistance à la tension (amélioration de la force mécanique du muscle).

    L’hyperplasie : L’hyperplasie musculaire est la capacité de l’organisme à augmenter le nombre des fibres musculaires au sein d’un muscle.

    Ces différents types d’améliorations ne sont bien évidement pas totalement dissociés. En effet, l’entraînement pourra inclure un effet anabolique manipulant ces trois phénomènes, un seul ou deux d’entre eux. L’ordre de présentation de ces améliorations est important : le renforcement peut parfaitement apparaître seul. L’hypertrophie induira souvent un renforcement alors que l’hyperplasie impliquera la plupart du temps les deux adaptations précédentes.

    Dans ce qui suit, nous nous placerons volontairement dans le cadre d’un muscle mature. En effet, chez l’embryon (et peut-être les premières semaines de la vie de l’enfant), des cellules musculaires non différenciées existent. Ce sont les cellules souches embryonnaires (CSE) musculaires. Ces cellules vont rapidement se spécialiser (de type I, IIa ou IIb). Par contre, dans la suite de la vie musculaire, nous observons schématiquement 4 types de fibres composant les muscles (lorsque nous les observons selon la classification Type I, Type II) : Les fibres de type I (oxydatives), les fibres de type IIa (oxydatives et anoxydatives), de type IIb (anoxydatives) et des cellules satellites que l’on retrouve sous les dénominations cellules souches, cellules transitoires, cellules mixtes, etc.

    Lorsque nous effectuons un effort physique, nous abimons les muscles, notamment au niveau des protéines structurelles (Titine, myomésine, nébuline, dystrophine) et des protéines contractiles (actine et myosine) mais également au sein des protéines fonctionnelles (tropomyosine, troponine).

    Le fait d’utiliser des fibres musculaires implique une usure de celles-ci et donc une nécessité de reconstruction, de changer les ‘pièces usagées’.

    En fonction de la spécialité de l’athlète et de l’entraînement proposé, la reconstruction ne s’opèrera pas de la même manière. Ainsi, même s’il y a interconnexion entre les 3 types de régénérations, voyons une par une ces dernières.

    Fin de la Partie 01.


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


    Partie 01 – Introduction à l’adaptation musculaire

    Partie 02 – Le renforcement musculaire

    Partie 03 – L’hypertrophie musculaire

    Partie 04 – L’hyperplasie

    Partie 05 – Les cellules satellites

    Partie 06 – Exemples d’utilisation de l’adaptation musculaire


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Livre – Entraînement Fonctionnel