L’injection PRP comme solution ultime pour les tendinites récalcitrantes?

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    Lorsque l’on n’a pas pu éviter la blessure, l’intervention du corps médical est nécessaire. Celui-ci propose tout un panel de solutions en fonction des cas. Dans l’arsenal des procédures et matériels de récupération des bobos sportifs (inflammations, blessures, irritations, etc.), le choix est pléthore.

    Parmi ces solutions, il en est une qui semble miraculeuse mais qui malheureusement engendre un fossé entre les différents niveaux athlétiques (entre les moyens des clubs ou des athlètes). Il s’agit de l’injection PRP.

    Attention, il ne s’agit aucunement d’une solution dopante (ma position à ce niveau n’est plus à présenter), mais d’une solution médicale de traitement (beaucoup risquent de la confondre avec l’EPO ou l’auto transfusion plasmique dans un but d’amélioration des performances).

    Pourquoi le fossé se creuse-t-il avec cette solution ?

    Tout simplement car elle ne fait pas partie des traitements remboursés par la sécurité sociale et parce qu’elle est d’un coût élevé (environ 300 € par injection, plusieurs peuvent être nécessaires, sans prendre compte de l’usage du scanner en cas l’injection difficile et autres petits besoins ponctuels). Pourtant, il s’agit d’une solution qui semble réduire fortement les frais proposés par les méthodes conventionnelles (médicament, kinésithérapie, etc.) avec des délais de rétablissement très rapides. Lorsque la logique financière est hors de la réalité, nous en arrivons à des incohérences.

    De quoi s’agit-il ?

    Lorsque nous sommes blessés, l’organisme se met en ordre de combat afin de résister à l’inflammation puis pour reconstruire les tissus endommagés. C’est également ce qu’il se passe après une opération.

    Durant la phase de reconstruction, différents éléments sont utilisés comme des hormones, des enzymes, du matériel de construction (protéines par exemple), etc. L’organisme utilise ce qui est présent localement mais en apporte également de zones externes à la blessure (c’est notamment le cas de certains facteurs de croissance, des cellules souches, etc.). Ces apports endogènes et exogènes sont limités par les besoins des autres éléments de notre organisme : notre corps est en permanence en adaptation, nécessitant naturellement la captation de ces éléments lorsqu’ils passent à proximité.

    Pour améliorer la production endogène, différentes méthodes existent. Ce sont celles utilisées notamment par les kinésithérapeutes (physiothérapie, massage MTP, ondes de chocs, técarthérapie, etc.). Cela fonctionne bien dans la plupart des cas, mais est très long. Cette lenteur induit des guérisons potentiellement aléatoires (reconstruction des matériaux pas forcément ‘dans le bon sens’), d’où l’utilisation de l’entraînement en parallèle (voir le protocole de Stanish). Cela ne suffit pas tout le temps (les rechutes sont régulières dans le sport de haut niveau).

    Une nouvelle technique est apparue dans les années 1990 : le PRP (pour Plasma Riche en Plaquettes).

    Il s’agit de prendre dans le sang les éléments dont la guérison a besoin et de les placer directement dans la zone lésée. Ainsi, l’organe abimé possède ainsi l’ensemble des éléments nécessaires à sa cicatrisation (pas de perte de transport, pas de sous production locale, notamment issue d’une mauvaise nutrition, etc.).

    Pour cela, le médecin prélève du sang (prise de sang) et sépare les différents éléments grâce à une centrifugeuse (sur la photo suivante la portion ‘cellules blanches du sang et plaquettes ‘).

    Injection PRP pour soigner les tendinites

    C’est dans cette portion sanguine que se concentrent les éléments donc nous avons besoin : les CSA (Cellules Souches), les Facteurs de croissances tels que la PDGF, la FGF, etc.

    Que permet cette technologie ?

    Le sang injecté dans la zone lésée contiendra les éléments suivants :

    • PDGF (Platelet derived growth factor) qui permet la production des cellules souches musculaires, de fibroblastes, de collagène, la régulation de la synthèse des protéglycanes (éléments importants de la signalisation des matrices extracellulaires) et enfin la différenciation des cellules souches osseuses.
    • TGF-ß1 (Transforming growth factor) Pour la régulation de la production des tissus conjontifs et collagineux (fibroblastes, matrice extracellulaire, l’augmentation de la production de collagène) et régule la sécrétion des autres facteurs de croissance et d’action sur les tissus du cartilage.
    • FGF (Fibroblast growth factor). Permet la production du collagène, la stimulation de la prolifération capillaire et des et prolifération de myoblastes (cellule souche), stimule la croissance des cellules osseuses et cartilagineuse.
    • VEGF (Vascular endothelial growth factor) et HGF (Hepatocyte growth factor) pour la prolifération capillaire.
    • EGF (Epidermal growth factor). Facilite la différentiation cellulaire, la prolifération capillaire et des cellules, la prolifération des cellules embryonnaires (CSA) et l’agencement des cellules de l’organe à réparer.
    • IGF (Insulin-like growth factor, une hormone de croissance). Stimule différentiation et prolifération des cellules osseuses et ostéoblastes et du cartilage.
    • CTGF (Connective Tissue Growth Factor). Stimule la prolifération des capillaires, stimule régénération cartilagineuse.

    Tous ces éléments sont, comme nous pouvons le voir, primordiaux pour permettre d’initialiser la réparation tissulaire. Ils ne réparent pas, ils sont des éléments de notre organisme qui participent à la reconstruction.

    L’injection de ces plaquettes engendrera localement :

    • Une augmentation de 100 à 600% des ténocytes (cellules du tendon)
    • Une augmentation de 50 à 300% des ostéoblastes (cellules souches osseuses)
    • Une augmentation de 100 à 400% des cellules cartilagineuses (Chondrocytes)
    • Une multiplication d’environ 10 fois du nombre de myoblastes (après 5 jours), cellules musculaires non différenciées.

    Chiffres provenant du service de rhumatologie de St Joseph, Marseille.

    Comment cela se pratique-t-il ?

    Le médecin prélève environ 12 ml de sang qu’il passe à la centrifugeuse afin d’en retirer environ 4 ml d’éléments exploitables.

    Après une anesthésie locale (ou d’un tranquillisant, car douloureux), il réinjecte le tout dans la zone lésée (dans le tendon, dans le muscle, dans le cartilage, etc.).

    Le membre est immobilisé quelques heures (nécessitant d’avoir un taxi ou un accompagnateur pour rentrer chez soi).

    Durant 1 semaine, quelques douleurs apparaissent, puis la reconstruction continue son chemin.

    Après 4 semaines, un contrôle permettra de savoir s’il convient de réitérer l’opération ou si une seule injection suffit (parfois il est nécessaire d’aller jusque 4 injections).

    Quand l’injection PRP peut-elle se faire ?

    En dehors des considérations de la chirurgie esthétique sans intérêt pour le sport, l’injection de PRP semble intéressante pour les cas suivants :

    • Arthrose (et dérivés)
    • Tendinite
    • Lésions musculaires et structurelles (aponévrose par exemple)
    • Opérations chirurgicales (réparation tendon, déchirure musculaire, etc.)

    Potentiellement, ces injections pourraient-être intéressantes pour la réparation osseuse (fracture de fatigue par exemple) et la régénération des disques vertébraux (hernie par exemple).

    Intérêt pour le sportif

    Ils peuvent être multiples : en aide à la guérison ou en dernière tentative avant l’opération.

    En effet, certaines lésions peuvent durer plusieurs mois avant d’obtenir une guérison (potentiellement instable. Les injections PRP pourraient faciliter ces guérisons (réduction de la durée d’indisponibilité) et les améliorer (régénération plus complète).

    D’autre part, lorsque l’opération semble inévitable à cause d’une impossibilité de guérison ‘normale’ (nous ne parlons pas d’une traumatologie nécessitant une opération, mais d’une lésion qui n’a pu être remise en état par les voies non invasives, telles que l’usure des disques vertébraux, la tendinite récalcitrante, etc.).


    Dernière information: la clinique du sport à Bordeaux semble proposer des injections PRP au tarif de 70 € (défiant toute concurrence, hors intervention autre tel que l’échographie)!


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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