L’intérêt des informations nerveuses pour le retour au calme

Cet article est le numéro 3 sur 5 du dossier Echauffement Neuromusculaire
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    Lorsque nous arrêtons la pratique sportive (pour le retour au calme), nous effectuons différents exercices visant à réduire l’activité cardiaque et la température corporelle ainsi qu’à enlever des tensions persistantes.

    Dans cette dernière optique, nous effectuons souvent des étirements courts (quelques secondes), non poussés afin de redonner une certaine longueur au muscle et remettre les fibres de collagène plus ou moins dans le même sens.

    Or, au cours d’exercices intenses ou des exercices très longs, il arrive que les des récepteurs restent ‘activés’. C’est souvent le cas des OtG myo-tendineux. Ils provoquent des contractions permanentes que l’athlète ressent comme des gènes, des contractures ou des points très sensibles. Attention, la contracture est un phénomène à part. Nous abordons uniquement le sujet de la sensation et non de l’effet réel de contracture. Cette absence de désactivation va induire une très faible mobilité puisque la douleur sera perçu très rapidement au cours de la mise en place de la posture d’étirement (les étirements ne devant pas être poussés en fin d’entraînement – il ne s’agit pas d’améliorer la souplesse, mais d’étirer des muscles ayant travaillés pour en optimiser la récupération). L’un des inconvénients de ceci est que l’étirement est alors quasiment inexistant, mais également que l’athlète risque de forcer un étirement sur une zone douloureuse, induisant une remise en action des réflexes musculaires. C’est à l’opposé de l’objectif du retour au calme.

    Afin d’optimiser son retour au calme, il conviendrait de désactiver un maximum de ces récepteurs provocant les raideurs. Cela permettrait aux sportifs de mieux préparer la récupération à venir (la progression se faisant au cours de la récupération, l’effet en serait immédiat). Un autre intérêt de la suppression de ces tensions est la douleur. En effet, le sport est souvent perçu comme handicapant dans la vie courante. Les douleurs (autres de les courbatures) induites par l’entraînement peuvent réduire l’envie des athlètes à participer aux activités sociales, voir les en empêchent le temps que cette douleur est trop vive.

    Cette douleur musculo-squelettique est principalement causée par des points de tension myofasciale. Ces points sont des nodules ayant un point sensible à la palpation, localisés sur une bande tendue de la musculature (Travell and Simons, 1992). La douleur ressentie, qu’elle soit déclenchée par un stimulus externe (un toucher, un geste) ou qu’elle apparaisse de manière spontanée (au repos en fonction de la posture), se répand facilement et produit une hyperalgésie qui empêchera les individus d’effectuer certaines tâches, les amenant, à terme, à développer des troubles comportementaux (Harden, 2000). L’hyperalgésie implique : une diminution de la sensibilité douloureuse, des perturbations du sens de la position, une sensation douloureuse diminuée, des troubles de la sensibilité thermique, des troubles du sens positionnel, des troubles proprioceptifs, etc. Pour la pratique sportive, nous remarquons immédiatement les risques (non perception de certaines douleurs importantes à retransmettre au préparateur physique, difficultés à la proprioception engendrant des postures non optimales et donc une baisse de la performance que le préparateur pourrait imaginer d’origines autres (surentraînement, baisse d’une performance d’une qualité, etc.).

    Cette sur-activation des récepteurs et le maintien de la tension musculaire a été expliqué de plusieurs manières différentes. D’un point de vue sportif, en voici une intéressante :

    La théorie de l’hypothèse intégrée inclut plusieurs paramètres distincts tels que le tissu musculaire, le système nerveux central et les facteurs biomécaniques. Elle prédit qu’une demande accrue sur un muscle, un macro traumatisme, ou un microtraumatisme récurrent, mèneraient à une déplétion énergétique locale responsable de la libération de substances sensibilisantes des nocicepteurs (Simons, 1998 ; Simons, 2002). Un cycle de rétroaction positive commencerait alors par une libération excessive d’acétylcholine (ACh) qui conduirait à une augmentation de la tension au niveau des myofibrilles (formation d’une bande tendue de muscle squelettique). L’augmentation de la tension au niveau des fibres musculaires produirait à son tour un raccourcissement local des sarcomères, provoquant une ischémie locale et une hypoxie locale. Cette hypoxie est typiquement accompagnée par une altération du métabolisme cellulaire au niveau musculaire. L’hypoxie locale amènerait à une réduction de la production d’adénosine triphosphate (ATP) d’où une altération du fonctionnement des pompes inter membranaires au niveau du réticulum sarcoplasmique. Il s’ensuivrait une accumulation de Ca2+ au niveau des protéines contractiles conduisant à un maintien et/ou une augmentation de la tension au niveau des fibres musculaires. Lorsque la quantité d’ATP est systématiquement insuffisante il se produirait une libération de substances sensibilisantes des nocicepteurs, responsables du déclenchement de la douleur, et d’une activation des fibres nerveuses autonomiques locales. Or, il est bien établi que des variations dans l’activité autonomique locale peuvent altérer la libération d’ACh. Ainsi, la libération constante d’ACh et/ou le dysfonctionnement du réticulum sarcoplasmique entraîneraient la création d’un « cercle vicieux (rétroaction positive) » avec douleur permanente (Simons, 2004). La théorie de l’hypothèse intégrée reste largement admise et bien documentée. Wilmer Esperanza (Points de déclenchement myofascial : Les effets de la compression ischémique manuelle sur le seuil de la douleur et le contrôle du mouvement du membre supérieur).

    Il existe une multitude de techniques pour réduire ces sensibilités. Toutes ou presque sont du ressort du monde médical (manipulations ostéologiques, massages curatifs, application des postures de rééducations, etc.). Dans un but de remise en condition rapide, directement lié à ces récepteurs, il existe 1 technique intéressante pour le sportif : la technique de Jones sur les tenders points.

    Technique de Jones

    Cette technique, que l’on rencontre souvent sous le nom de Strain-Counter-Strain (tension contre tension) est une stimulation des récepteurs proprioceptifs et nociceptifs afin de trouver une position optimale permettant de soulager la douleur. Le kiné commence le traitement par la palpation du point douloureux. Une fois que celui-ci repéré, il exerce une pression progressive jusqu’au déclenchement de la douleur. Ensuite, il déplace le segment douloureux, jusqu’à atteindre une position où la douleur diminue considérablement, puis attend 90 secondes avant de retirer le doigt (temps nécessaire pour que le fuseau neuromusculaire travaillé retrouve une fréquence de décharge ‘normale’). Une fois ce temps écoulé, le segment traité est placé dans une position confortable (Jones, 1981). L’application de cette technique produit une diminution de la douleur.

    Cette technique, applicable en l’état uniquement par du personnel médical qualifié (notamment les kinésithérapeutes) travaille sur les fuseaux neuromusculaires et leurs sur activations.

    Il est possible de transférer une partie de la technique à un retour au calme optimal. Celui-ci n’enlèvera pas le besoin d’aller consulter en cas de soucis ; mais il permettra de désactiver un certain nombre de problèmes qui ne sont liés à l’entraînement (surexcitation des récepteurs sensitifs).

    Ainsi, le retour au calme, donc le rôle est de réduire la Température Corporelle, la Fréquence Cardiaque et de remettre les fibres musculaires et tendineuses ‘dans le bon sens’ sera complet après cette pratique.

    Fin de la Partie 3.

    Voir la Partie 2

    Voir la Partie 4


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


     

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Livre – Entraînement Fonctionnel