Exploitation de l’adaptation du tendon lors de l’entraînement

Cet article est le numéro 3 sur 3 du dossier Adaptation tendineuse à l'entraînement
Vous avez aimé, dites-le !

    adaptation du tendonPublic visé

    Tous sportifs commençant ou reprenant un entraînement, tous sportifs travaillant en cycle (adaptation à des changements fonctionnels), tous sportifs s’hyperspécialisant dans une activité.

    Procédures d’utilisation

    De tout ceci, nous pouvons en conclure un certain nombre de faits importants pour les sportifs s’entraînant à la compétition, mais également pour les sportifs ‘loisirs’.

    Staron (1991) ayant montré l’existence de la ‘mémoire musculaire’ c’est-à-dire la capacité du muscle à retrouver rapidement des qualités antérieures à un désentraînement; cet aspect de l’adaptation du collagène doit impérativement être pris en compte lors de l’élaboration des plans d’entraînements de reprise d’activité (ou de démarrage) afin de ne pas créer de décalage trop important entre le niveau des tendons et celui des muscles.

    La structure des tendons (et des tissus conjonctifs musculaires) étant hétérogène et surtout s’adaptant ponctuellement aux besoins de l’entraînement, il convient de prendre en compte leus développement complet pour permettre un renforcement homogène. Ainsi, il sera nécessaire de travailler sous différentes amplitudes (l’entraînement à une amplitude réduite engendrera des points faibles au sein de la structure tendineuse pouvant amener des pathologies), à différentes tensions (chaque position d’une articulation apportant des efforts différents, le renforcement de la zone faible nécessitera des charges en relation avec son niveau).

    De même, l’interaction entre le tissu conjonctif intra-musculaire et extra-musculaire, ainsi que les glissements entre tendons (et les efforts de frictions liés) nécessiteront des renforcements réfléchis. En effet, puisque la gaine tendineuse est présente aux endroits les plus ‘concomitants’, il conviendra de lui permettre un développement cohérent avec son usage (ne pas oublier que ces gaines sont formées de collagène qui catabolise à l’effort et qui doit donc s’adapter au niveau de l’athlète pour lui permettre de surcompenser).

    Cette surcompensation n’est pas homogène avec celle provenant du muscle. En effet, la fibre musculaire semble d’adapter plus rapidement aux efforts demandés, et surtout est directement en relation avec l’intensité et le temps de l’effort (volume) alors que l’enclenchement de la synthèse du collagène se met en place dès les premières tensions. Ainsi, le volume d’entraînement doit prendre en compte que même à des volumes faibles, les tissus conjonctifs nécessitent une adaptation (anabolisme) qui ne pourrait intervenir qu’après un fort catabolisme (baisse du volume le 1er mois).

    Cette phase de reprise/adaptation ne semble pas devoir être longue (1 mois) afin de permettre le plus rapidement possible une surcompensation importante des qualités d’étirement et de raideur, qualités qui pourront ensuite être exploitées dans un but de performance ou tout simplement dans un but de maintien de fonctionnalité d’un athlète.

    Nous observons également que les retours de blessures doivent impérativement être en relation avec la rééducation qui en a découlée. En effet, le 1er mois de reprise engendrant une dégradation forte des qualités tendineuses (risques de blessures), il convient de considérer le contenu de la rééducation afin de définir si elle a pu prendre prendre en compte ce mois de perte de possibilités ou non. Ici, les méthodes modernes de rééducation par l’effort (et non plus par le repos) prennent tout leur sens afin de réduire au maximum les délais de récupération des niveaux antérieurs.

    Enfin, de manière préventive, une attention toute particulière devra être mise en oeuvre pour les athlètes jeunes. En effet, la faiblesse du nombre de ponts reliant les fibres de collagène et surtout leurs instabilités pourraient engendrer des problèmes importants lors d’efforts à des amplitudes limites des articulations sans une préparation spécifique visant à augmenter ce nombre de ponts d’unions et à en réduire l’instabilité.

    De la même manière, la programmation féminine semble potentiellement nécessité des durées d’adaptations plus importantes du fait de l’importance des œstrogènes dans leurs organismes, œstrogènes réduisant la synthèse du collagène. Ainsi, une préparation initiale plus longue pourrait peut-être limiter les risques du point de vue des tissus tendineux et conjonctifs.

    Fin du dossier.


    Cet article fait partie du recueil 2011-2012


    Partie 01 – Introduction à l’adaptation du tendon

    Partie 02 – Comment le tendon s’adapte

    Partie 03 – Exploitation à l’entraînement


    Vous avez aimé, dites-le !

      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

      Comments are closed.

      Categories de la section

      Deja paru sur Gymsante

      Livre – Entraînement Fonctionnel