L’excentrique: l’activation nerveuse spécifique

Cet article est le numéro 6 sur 8 du dossier L'excentrique
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    Comment se décide les changements d’activation des muscles en excentrique ?

    La réponse n’existe pas clairement pour l’instant. Toutefois, quelques lignes directrices semblent apparaître.

    En effet, contrairement à Nardone qui a utilisé une charge fixe, Pinniger (2000) ne trouve aucune modification d’EMG en exploitant une vitesse angulaire fixe.

    Ainsi, lorsque la charge est fixe, il y a des ‘parasites’, des petits mouvements de saccade intramusculaire (on ne les détecte pas à la sensation ou à l’œil) (Stotz et Bawa, 2001).

    Pour achever cette idée reçue d’inversion des activations de fibres, pléthores d’études ont montré une absence de modification du principe de Henneman (Garland, 1994, 1996, Christensen, 1995, Søgaard, 1996, Kossev et Christova, 1998, Bawa et Jones, 1999, Christova et Kossev, 2000, Stotz et Bawa, 2001, Tax et coll., 1989). Certaines d’entre elles pour une plage de vitesse très importante (de 10 à 100°/seconde).

    Pour l’aspect dérecrutement des fibres lentes, les études montrant l’absence de ce dernier sont également légion (Tax, 1989, Garland, 1994, 1996, Christensen, 1995, Søgaard, 1996, Kossev, 1998, 2000). Elles ont toutes permis de voir que l’ordre de recrutement est identique quel que soit le régime de contraction, qu’il n’y avait pas de dérecrutement de fibres plus lentes. Par contre, certaines montrent des sollicitations supplémentaires de fibres à haut niveau d’activation (les plus rapides/fortes) de manière ponctuelle et exclusive (elles ne semblent être sollicitées que durant l’excentrique).

    Pour la manière dont elles sont sollicitées (fréquence des impulsions), l’ensemble de la littérature semble avoir trouvé un compromis : il y a baisse de la fréquence de sollicitions à charge égale (donc désynchronisation des fibres). A l’inverse du concentrique, cette fréquence augmente à mesure que la vitesse excentrique chute.

    Par contre ceci n’est pas linéaire. Si, à la suite d’une contraction isométrique, on effectue une phase concentrique, la fréquence chute au début pour remonter à des niveaux supérieurs à mesure du raccourcissement. C’est exactement l’inverse en excentrique (forte augmentation de la fréquence en début de mouvement puis chute à mesure de l’allongement tout en restant au-dessus de la fréquence isométrique et concentrique) : Pasquier, 2009. Cela semble lié à la longueur des éléments non contractiles (qui remplaceraient la force motrice).

    Fang (2001, 2004) a montré que le niveau du système nerveux est plus haut et plus précoce en excentrique comparativement au régime concentrique, et notamment au niveau du cerveau (cortical), faisant donc intervenir plus d’aires fonctionnelles cérébrales. Le cerveau semble donc avoir une stratégie différente en fonction des régimes de contraction.

    La synthèse des études du système nerveux spinal (réflexes musculaires) et supraspinal (gestion par le cerveau) semble orienter l’excentrique vers une inhibition des activités spinales et une baisse de l’excitabilité corticale. Ceci pourrait nous expliquer le pourquoi de la baisse de l’EMG en excentrique (moins de surimposition d’activités nerveuses).


      Cet article fait partie du recueil 2011-2012


     

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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