La vitesse 2 : L’entraînement nerveux de la vitesse

Cet article est le numéro 2 sur 12 du dossier La vitesse
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    La vitesse est une succession d’exécution de tâches en arrière-plan, au niveau du cerveau. C’est ce qui définira la vitesse nerveuse

    Pour aller vite, il est nécessaire de réfléchir vite, mais pas de manière consciente. Tous les processus majeurs de la vitesse se font en arrière plan. Mais ils n’en sont pas moins entraînables, améliorables grâce à des exercices spécifiques qui permettront une amélioration des performances. Ce sera l’objectif de l’entraînement dit ‘entraînement nerveux‘.

    La perception de la stimulation pour augmenter la vitesse de mise en place de la réponse appropriée

    Tout débute par la vitesse de perception du stimulus provoquant le mouvement. Après la perception de ce stimulus avec les sens, il faut que le signal aille rapidement vers le centre de traitement (le cerveau) puis que ce dernier gère l’information vite et de manière appropriée.

    Le stimulus est une information nerveuse spécifique. Cette information appelle une réponse du cerveau ou de la moelle épinière. Cette information peut être externe (signal de départ par exemple) ou intérieur (position d’un membre dans l’espace).

    Devant un fait nouveau, sauf réponse de survie (réflexe), l’information passe par le cerveau. C’est long. Il faut automatiser cette gestion, en rendant le cheminement via la moelle épinière. Pour cela, on effectue d’innombrables répétitions de réponses à ce signal, dans toutes les situations (simples avec signal-réponse unique; moyennement compliquées avec signal multi-réponses; très compliquées avec multi-signaux pour embrouiller l’athlète-réponse multiples possibles en fonction des signaux perçus). Cela n’améliore pas la vitesse de transmission de l’influx nerveux des organes sensitifs au système de gestion; mais cela améliore la vitesse de perception (voir l’anticipation).

    La multiplicité des répétitions, des circonstances de perception induira une gestion automatique/réflexe. Il n’y aura donc plus de passage vers la gestion avec choix (cerveau), mais un passage immédiat perception/réponse grâce à la moelle épinière (même si le cerveau intervient lors des réflexes suite à stimulus pour continuer à intégrer et interpréter les situations; mais nous ne sommes plus dans la réponse immédiate).

    Il faudra néanmoins faire attention à ce que le réflexe, cet automatisme ne devienne pas une habitude (l’habitude empêchera une réponse différente de la réponse apprise; le réflexe permettra une réponse rapide, quelle que soit la réponse).

    Ensuite, lorsque le traitement est fait et que la décision est prise, il faut transmettre l’information de contraction ou de relâchement aux muscles

    En supplément de la gestion de l’information (point précédent), le cerveau continu à recevoir les informations en arrière-plan. Cela permet d’apprendre à anticiper, lorsque les mouvements auront été répétés des milliers de fois. Ainsi, en réflexe (moelle épinière), l’athlète apprend à anticiper les situations (situation 1 induisant la 2, induisant la 3), créant des envois anticipés d’influx nerveux. Cela n’améliore pas la vitesse de transmission de l’influx nerveux en elle-même, mais cela simule une amélioration (arrivée de l’influx aux synapses avant le délai ‘normal’).

    Parallèlement, la nutrition améliorera la qualité de la myéline (composante du nerf qui permet une vitesse optimale) et permet d’avoir suffisamment de neurotransmetteurs pour créer et adresser les messages.

    Enfin, il faut se rendre compte que ne connaissant pas parfaitement les résultats de la demande motrice, le SNC adresse les demandes motrices un peu n’importe comment. Avec l’apprentissage, nous devenons spécialistes, c’est-à-dire que l’envoi de la demande de réponse motrice s’achemine directement au bon endroit (cela entre aussi dans la coordination), limitant les effets retardant potentiels.

    Nous travaillons cette qualité en effectuant des mouvements compliqués, ou en provoquant des signaux multiples dont les agencements doivent provoquer des réponses différentes mais simples.
    Nous travaillons également cette qualité grâce à la sur-vitesse, où le système nerveux doit apprendre à suivre la vitesse imposée par le parcours tout en maintenant la qualité technique (course en descente, répétitions ultra rapide avec des charges faibles/moyennement faibles).

    Lorsque la réponse est envoyée, on a engendré une contraction (ou un groupe de contractions). Il faudra ensuite calculer si l’on doit renouveler la contraction et si oui de la même manière ou de manière différente. La vitesse de ce calcul influera également sur la vitesse

    Cette qualité est très importante, notamment lorsque l’on recherche l’accélération permanente. Elle permet à l’organisme de savoir s’il doit poursuivre son activité de manière optimale ou si l’inertie suffira=économie de l’énergie).

    Elle permettra notamment (mais pas seulement) au système nerveux de faire la transition entre force élastique et force motrice, gérant ainsi au mieux le mouvement après la libération de l’énergie élastique: dans un changement de sens bien maîtrisé, l’énergie élastique libère l’énergie stockée assez rapidement, provoquant un surplus de force/vitesse. Lorsque le stock est vide, il faut que le muscle continu l’accélération avec exclusivement la force contractile et l’inertie du mouvement).

    Ce travail se fait avec des mouvements exclusivement concentriques et en accélération constante (dans un premier temps en accélération pure; puis en départ vitesse max à laquelle on recherche encore plus d’accélération tout au long du mouvement).

    Cette notion inclus également l’idée de relâchement (des muscles antagonistes). En effet, lors des changements de direction, des accélérations, des mouvements, un relâchement rapide doit être possible. Tout d’abord, ce relâchement ne pourra être possible que si le muscle est entraîné (sinon nous ne maîtrisons pas ce dernier). Le travail d’apprentissage de contraction-ralâchement reste le même que pour le muscle agoniste. Il ne faut tout simplement pas l’oublier en ne pensant qu’aux muscles moteurs.

    Toutes ces qualités sont des qualités persistantes, mais faiblement observables. C’est-à-dire qu’à l’inverse des qualités à suivre, les effets ne sont pas visibles de manière immédiate et flagrante; mais elles persisteront plus longtemps après l’arrêt de l’entraînement du fait de l’emplacement et de l’usage (apprentissage, intégration nerveuse) à l’inverse des autres qualités qui sont tributaires de la forme (forme géométrique et forme ‘condition physique’ des éléments utilisateurs; formes qui varient rapidement).


    La série Vitesse :

    La vitesse 1 : C’est quoi la vitesse ?
    La vitesse 2 : L’entraînement nerveux de la vitesse
    La vitesse 3 : La fibre musculaire pour la vitesse
    La vitesse 4 : La vitesse du point de vue neuromusculaire
    La vitesse 5 : Les qualités musculaires pour la vitesse
    La vitesse 6 : Les différents types d’entraînement de la vitesse
    La vitesse 7 : La méthode Chaos
    La vitesse 8 : L’entraînement de la vitesse, introduction
    La vitesse 9 : L’aspect biomécanique du sprinteur
    La vitesse 10 : Gainage et équilibre musculaire
    La vitesse 11 : L’adaptation nerveuse

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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Deja paru sur Gymsante

      Livre – Entraînement Fonctionnel