La vitesse 8 : L’entraînement de vitesse, introduction

Cet article est le numéro 8 sur 12 du dossier La vitesse
Vous avez aimé, dites-le !

    entraînement de la vitesseEn écrivant cette suite à la série Vitesse, mon objectif est de définir ce qu’est la vitesse, d’observer les impératifs de cette qualité pour en déduire les nécessités d’entraînement pour un préparateur physique.

    De prime abord, la vitesse est une chose simple : le déplacement le plus rapide possible d’un membre, du corps ou d’un engin d’un point A vers un point B.

    Lorsque l’on est préparateur physique, un nombre important de facteurs s’incrémentent à cette courte définition. En effet, outre la vitesse maximale, il convient de prendre en compte les phases d’accélérations qui varient pour chaque sport, notamment du point de vue de la biomécanique, la vitesse maximale que peut atteindre le sportif en fonction de chacune de ces phases d’accélérations, le niveau nécessaire à chaque sport et en comparaison, le niveau atteignable (un joueur de tennis n’aura aucun intérêt à produire un record sur 100m, il lui faudra plutôt acquérir une capacité d’accélération sur quelques mètres ; à l’inverse un ailier au football devra apprendre à accélérer fortement et à maintenir cette vitesse acquise pour atteindre son but qui peut être tout au bout de la longueur du terrain). Ainsi, chaque sport possède ses propres nécessités de vitesse.

    De même, chaque sport demandera de la répétition dans ses sprints (un athlète devra produire un seul sprint, mais sur des distances différentes ; au foot US il y a un enchaînement de sprints courts (variables selon le poste du joueur) avec des temps de récupération variables. Les nécessités énergétiques varient donc selon les sports.

    Enfin, chaque sport présentera des positionnements différents au moment où l’athlète devra produire son accélération pour atteindre sa vitesse maximale. Cela peut varier d’une position stable et optimale (départ d’un 100 mètres en starting-block pour un sprinteur) à des positions dos à la cible, avec un agrès dans les pieds ou les mains et dans toutes les postures possibles (debout, penché de face ou latéralement, etc.). Ainsi, dire que pour travailler sa vitesse il suffit de faire des séances de sprint d’un point A vers un point B est un peu restrictif et surtout non optimal. Le préparateur doit observer les conditions de compétition du sportif pour en déduire des impératifs de développement (progression ou renforcement musculaire).

    Ainsi, avec tout cela, il sera possible de comprendre comment générer des exercices spécifiques à chaque sport (voir à chaque sportif en fonction de sa morphologie et de son poste). Puis, à partir de ces exercices, de définir le contenu même de chaque séance d’entraînement de vitesse.

    Volontairement, cette série travaillera la vitesse selon une méthodologie qui va à l’encontre des us et coutumes de nombreux sports, mais qui sera nettement plus profitable au sportif dans la notion de gestion de la performance et de la fatigue : la pyramide des intensités y sera inversée avec un développement préalable de la vitesse pour acquérir ensuite, de manière progressive, l’endurance sur cette vitesse cible. Nous verrons pourquoi il est préférable de pratiquer ainsi.

    Enfin, je mattèle à montrer une manière différente d’appréhender le travail musculaire au cours de la foulée (et plus généralement des gestes) de manière à optimiser chaque force appliquée. Ainsi, au lieu de voir les articulations comme des pivots soumis à des forces synergiques et antagonistes, je montrerai qu’il est possible de réfléchir autrement et donc de s’entraîner autrement pour réduire au maximum les antagonismes. Cela permettra d’augmenter le potentiel de force de chaque muscle pour en obtenir un geste final plus fluide, plus ‘synchronisé’. On se rapprochera ainsi des notions apportées par les illustres techniciens que sont Alain Piron, Jacques Piasenta ou encore Fernand Urtebise, les précurseurs de la biomécanique moderne du sprint.

    Même si cette série cherche à justifier ce qu’il contient, par la démonstration et le raisonnement, il n’est pas un recueil d’études. Ainsi, j’ai choisi de proposer la suite accessible à tous (il nécessite toutefois un minimum de culture sportive, le premier chapitre est là pour ça). Pour ceux qui souhaitent approfondir certaines notions, l’ensemble des informations traitées sont présentes sur le site www.gymsante.eu, n’hésitez pas à utiliser la fonction recherche en haut à droite  😉 . Il n’est pas nécessaire pour la compréhension de cette suite d’articles, mais sera utile à tous ceux qui souhaitent un éclaircissement plus précis des différentes notions abordées.

    Enfin, pour les lecteurs sprinteurs. La vocation de la suite de cette série sur la vitesse n’a pas pour vocation à remplacer un entraîneur d’athlétisme. La vitesse est une qualité à développer pour le préparateur physique qui exploite des séances pouvant ressembler aux séances d’athlétisme (grosso modo). Mais il ne s’agit que de préparation physique visant à développer la composante vitesse parmi d’autres facteurs nécessaires à un sport donné ; pas un entraînement visant à devenir spécialiste du sprint. Bien évidemment le sprinteur pourra progresser en appliquant les conseils que je donne, mais rien ne remplacera l’entraîneur spécialiste du sprint, notamment pour sa connaissance du terrain et son expérience des situations particulières (personnalisation de l’entraînement, détection des éléments à modifier, technique de course…).

    Je vous souhaite une bonne lecture et surtout un bon entraînement.

    Sébastien.


    La série Vitesse :

    La vitesse 1 : C’est quoi la vitesse ?
    La vitesse 2 : L’entraînement nerveux de la vitesse
    La vitesse 3 : La fibre musculaire pour la vitesse
    La vitesse 4 : La vitesse du point de vue neuromusculaire
    La vitesse 5 : Les qualités musculaires pour la vitesse
    La vitesse 6 : Les différents types d’entraînement de la vitesse
    La vitesse 7 : La méthode Chaos
    La vitesse 8 : L’entraînement de la vitesse, introduction
    La vitesse 9 : L’aspect biomécanique du sprinteur
    La vitesse 10 : Gainage et équilibre musculaire
    La vitesse 11 : L’adaptation nerveuse

    Vous avez aimé, dites-le !

      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

      Comments are closed.

      Categories de la section

      Deja paru sur Gymsante

      Livre – Entraînement Fonctionnel