Arrêtez avec vos morphotypes, les morphotypes n’existent pas !

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    Beaucoup de sportifs (ou non sportifs) se trouvent des excuses avec leurs morphotypes pour ne pas faire les efforts pour progresser. Les morphotypes n’existent pas

    Les morphotypes n'existent pasPas la peine de faire des efforts, quoiqu’il arrive je ne serai jamais mince à cause du fait que je suis mésomorphe, c’est ma nature. J’arrête l’entraînement, je ne grossis pas à cause de mon morphotype ectomorphe. Bref, la préparation physique ne peut changer votre nature.

    Tout ça, ce ne sont que des excuses basées sur des notions fausses véhiculées par les médias car simples de compréhension (ce qui est simple passe mieux, même si c’est faux). Mais que ce cache-t-on derrière tout cela ?

    L’origine des morphotypes

    L’idée des morphotypes vient d’un psychologue (sans formation en physiologie) se nommant Sheldon. Il a établi son idée sur la simple observation des physiques (photos), à introduit une vérité biologique qu’il ne connaissait pas (les feuillets) et en a déduit des morphotypes impliquant des caractères physiques et psychologiques (le célèbre gros jovial, le maigre intellectuel…). Ensuite les médias ont légèrement agrémenté la chose pour que cela soit « compréhensible ».

    En résumé, vous êtes gros car dans votre développement embryonnaire vous avez surdéveloppé votre système digestif. Vous êtes maigre car vous avez surdéveloppé votre système nerveux.

    Les mots ectomorphe, endomorphe, mésomorphe viennent de 3 feuillets de développement (très schématiquement 3 types de tissus à l’origine de tous les autres tissus du corps) que l’on nomme ectoderme, endoderme, mésoderme. Le développement prépondérant de l’un par rapport aux autres donnerait le type morphologique et psychologique de l’enfant (et donc de l’adulte plus tard). Car ne l’oublions pas, les morphotypes sont à l’origine uniquement fait pour en déduire des orientations psychologiques et anticiper les délinquants, les psychopathes et autres « déviants ».

    Une des définitions des morphotypes est :

    L’endomorphe montre un développement prépondérant du système digestif, en particulier l’estomac (endoderme) et on ne s’étonne pas que ces personnes aient une certaine facilité à la corpulence, avec un corps mou et des muscles peu développés. Cela correspond au tempérament viscérotonique, qui cherche le confort et le luxe, aime manger, tolérant, sociable, jovial, de bonne humeur, de type extraverti.

    Le mésomorphe bénéficie d’un développement accentué de la musculature et du système circulatoire (mésoderme). Il est lié au tempérament somatotonique, courageux, énergique, actif, dynamique, autoritaire, agressif, preneur de risque.

    L’ectomorphe, quant à lui, a un développement important du système nerveux et du cerveau (ectoderme) et à une facilité à être mince et élancé. Il est lié au tempérament cérébrotonique, sensible, timide, introverti, qui a des goûts artistiques développés. Il préfère l’intimité à la foule, se montre souvent inhibé.

    Sommairement, Sheldon a pu observer extérieurement que le système nerveux est plus développé chez certains que chez d’autres ; que le système digestif est plus ou moins gros en fonction de la taille du ventre non à cause des quantités alimentaires ingérées, mais à cause de la génétique… Bref rien de très scientifique et surtout uniquement basé sur des idées pré-conçues datant de la nuit des temps modernes.

    La réalité des morphotypes

    La théorie utilise une base vraie (3 feuillets de développement de l’embryon), une base fausse (l’observation externe ne peut donner une information sur le contenu du corps, la taille du système digestif, la complexité du système nerveux…). La conclusion ne peut être qu’erronée.

    En réalité, les 3 feuillets se développent très rapidement dans la gestation : Après la fécondation, les premières semaines de gestation fonctionnent de manière à produire la base, la matière première au futur développement. Ce que l’on appelle des feuillets (sommairement une première différenciation cellulaire) apparaît : l’ectoderme, l’endoderme et le mésoderme. Cette première différenciation est commune aux espèces. Après ce premier passage (environ 3 semaines), la création de l’être (physique) commence.


    Aparté – Les 3 feuillets

    Après la fécondation, les premières divisions cellulaires interviennent. Pour contenir toutes ces nouvelles cellules, les premières s’écartent (s’éloignent) pour laisser place. Elles se retrouvent en périphérique de l’œuf et forment une couche (un feuillet) qui sera l’ectoderme. Une partie de cet ectoderme va s’invaginer et finir par ‘coller’ à l’ectoderme initial. Nous avons donc 2 peaux : l’ectoderme (partie externe) et l’endoderme (la couche interne).

    Images issues de http://rea.decclic.qc.ca

    Après ce premier passage, l’endoderme va s’écrouler sur lui-même et se scinder en plusieurs parties pour former des ‘zones’. Chacune de ces zones sera donc délimitée par l’endoderme divisé. On l’appelle alors le mésoderme.

    Images issues de http://rea.decclic.qc.ca

    Les mouvements se poursuivent (invagination ou évagination, séparation ou fusionnement..) pour former la base de l’ensemble des organes du corps.

    Tout ceci se produit pour chaque organe !

    Ainsi, chaque feuillet participera à l’ensemble des organes du corps, avec une prédominance parfaitement prévue et équilibrée de chacun dans ses organes préférentiels. Aucun organe n’est donc formé d’un seul feuillet. Tous ont une interaction précise entre ces 3 feuillets. Chaque déséquilibre engendre un nouvel organe avec une nouvelle fonction.


    En utilisant chacun des 3 feuillets, les différents organes du corps sont fabriqués. Sous entendus que chaque organe intègre ces 3 feuillets en termes de proportion et d’emplacement. L’équilibre est précaire, la vie ne sera possible que si le respect d’un équilibre prévu, il y a des millions d’années, est respecté. Dire qu’il y aura plus d’ectoderme que d’endoderme n’a aucune valeur sauf à risquer un échec dans la fabrication de l’être vivant.

    D’autre part, derrière cela, il reste plus ou moins 8 mois de développement du fœtus, bref l’essentiel du développement qui fera que vous serez un homme, un singe… Puisque nous avons cette base commune entre les mammifères, nous devrions voir ces mêmes morphotypes chez eux. Ce n’est pas le cas (avez-vous déjà vu un chien ectomorphe de type artistique ?). Pourquoi serait-ce vrai chez nous, les humains ? Ah oui, par ce que nous avons une complexité cérébrale plus importante. Donc est-ce un feuillet qui définit ce que nous sommes, ou notre système nerveux et la manière dont il organise l’ensemble du fonctionnement de notre corps ?

    D’autre part, que penser des gros nerveux, des maigres ‘cool’… Des erreurs de la nature ou des adaptations environnementales ?

    Que penser du fait que beaucoup changeront leurs capacités à perdre du poids ou à en gagner au cours de leurs vies ; beaucoup changements de comportement psychologique (nervosité par exemple) au cours de leurs vies ?

    En conclusion, la plus évidente : comment un psychologue peut, par l’observation extérieure, en déduire les proportions invisibles de chaque organe ? Impossible. Il ne s’agit que de suppositions établies à partir du vécu de l’observateur, donc non objectives (en l’occurrence, basé sur sa base judéo-chrétienne… Réfléchissez à ce qu’aurait donné la même chose basée sur une autre culture!!!).

    L’environnement et les morphotypes

    Et c’est là toute la réalité des morphotypes. Les morphotypes dont la plupart parlent n’existent pas. Il ne s’agit que d’adaptations environnementales. Celles-ci peuvent-être directes (la personne s’adapte à sa société, rentre inconsciemment dans l’idée préconçue des morphotypes… bref l’effet placebo, adaptation climatique puisqu’un climat chaud réduira l’activité générale pour réduire la chaleur corporelle). Mais elles peuvent également être indirectes c’est-à-dire que vous héritez des adaptations environnementales de vos ancêtres (par exemple un parent obèse pourra transmettre cette obésité à ses enfants si ces derniers ont le comportement adéquate).

    En effet, pour ceux qui veulent que l’endomorphe prenne facilement du poids, que l’ectomorphe n’y arrivera jamais…à cause d’une spécificité durant le développement du fœtus, que pensez de ceux qui changent au court de leurs vies ? Ont-ils eu un nouveau développement des feuillets fœtales qui a induit ce changement de caractère durant l’adolexcence, la ménopause… ?

    Non bien sûr! C’est un changement professionnel, une modification de la qualité de l’alimentation, une pollution ambiante, une modification de son cercle de connaissances … qui ont provoqué des changements profonds et modifiés son essence.

    Conclusion

    En conclusion, ne cherchez pas d’excuses à votre état. C’est votre manière d’appréhender votre environnement (comportement dans la vie, alimentation, acceptation consciente ou non des coutumes/idées reçues) qui fait ce que vous êtes, avec pour base de départ votre hérédité.

    Vous pensez être ectomorphe ou mésomorphe et cela gêne vos objectifs ? Regardez votre alimentation, les carences ou les éléments néfastes qu’elle contient. Regardez votre style de vie, ce que vous faites, là où vous vivez, votre état ‘psychologique’ et vous en déduirez ce que vous êtes et comment changer les choses si tel est votre objectif.

    Les combinaisons sont illimitées et vouloir rentrer dans des cases ou chercher des causes spécifiques (système digestif, forme du squelette…) est une grossière erreur : l’organisme n’est pas une somme de cellules, mais le résultat d’une combinaison de milliers d’informations fluctuant en permanence entre ces cellules.

    Personnalisez, remettez en cause en permanence ce que vous faites, ce que vous mangez en fonction des objectifs, de votre vie, de votre état de santé… Et vous approcherez peut-être plus de la solution qu’en cherchant à rentrer dans une case avec un chausse-pied.


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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      Deja paru sur Gymsante

      Livre – Entraînement Fonctionnel