Absence de limites

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    Soyez ambitieux et vos résultats seront grands !

    limiteAdoptez cette simple règle d’entraînement et sortez sur régiment des pleureuses : No limites dans les objectifs.

    Une notion revient régulièrement dans le sport: la génétique. A cause de la génétique, tel athlète sera rapide, tel autre sera endurant, son voisin sera fort, etc.

    Souvent on entend que la génétique empêche ceci, limite cela, blablabla…

    Une de ces impossibilités est la vitesse et les apparentes faibles possibilités d’amélioration.

    Et bien il s’agit d’une erreur de penser que la vitesse est génétique (comme beaucoup d’autres domaines d’entraînement). L’extrême performance de vitesse, oui comme toute performance physique, intellectuelle, etc. Les meilleurs sont devant. Seul un entraînement très précis, et adapté à un athlète, le fera être devant, lui permettra d’exploiter tout son potentiel. Et à la condition qu’il soit intrinsèquement meilleur que les autres.

    Mais dire que la vitesse est génétique, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir, car tout le monde peut s’améliorer et atteindre son propre potentiel. Bien évidemment il sera très probablement inférieur aux êtres doués pour cela, mais il sera très au-dessus des non pratiquants, largement au-dessus.

    Afin d’étailler cette notion d’absence de limite dans nos règles d’entraînement,je vous propose de de lire l’article sur le travail de la vitesse.

    Comme nous pouvons le voir, il existe une multitude d’éléments à prendre en compte lors de l’élaboration d’un entraînement (et la liste ci-dessus n’est pas exhaustive). Pour dire que la vitesse est difficilement améliorable à cause de la génétique, il va falloir démontrer qu’une grande part de ces éléments ne sont pas améliorables.

    Avant que quelqu’un puisse le démontrer, voyons comment travailler pour améliorer ces différents éléments (et ils sont quasiment tous améliorables!!!).

    Une fois que tout ceci est en place, il conviendra de tirer vers le haut chacune de ces composantes vitesses une par une et en les coordonnant.
    Ainsi, nous voyons parfaitement que l’excuse de la génétique liée à la vitesse est une faiblesse des athlètes ne souhaitant pas se prendre la tête avec celle-ci plutôt qu’une véritable excuse.

    Bien évidement, chacun aura un potentiel (génétique). Mais il n’est en aucun cas une cause d’absence de progression, ou pire de travail de cette qualité. Il vaut mieux ne pas l’entraîner parce qu’elle ne rentre pas dans les objectifs de l’athlète plutôt que de ne pas l’entraîner parce qu’elle n’est pas son point fort, au contraire.

    Tout ceci est valable pour des athlètes en bonne santé. Les pathologies ou malformations cassent tout le raisonnement (une différenciation morphologique type jambe courte ou longue n’est pas une malformation empêchant la progression).

    Beaucoup de ces notions se retrouvent dans le travail de la force, puisque force et vitesse sont assez similaires dans de nombreux domaines.

    Pour aller un peu plus loin dans la justification de l’absence de limites à s’imposer à l’entraînement, cassons 3 idées reçues dans le milieu sportif:


    Idée reçue 1 : Les fibres lentes sont endurantes et les fibres rapides non!

    D’où vient cette idée? Les gros nerfs sont reliés, d’ordinaire, aux fibres les plus grosses (les fibres dites rapides), et inversement. Voici schématiquement ce que l’on entend de temps en temps sur le net.

    Cela implique que génétiquement nous sommes prédisposés (dès la naissance ou les 1ers jours de la vie), en fonction du type d’innervation, à un effort déterminé (chaque muscle aura une disposition différente bien sur).

    Cassons l’idée reçue!

    Nous savons que l’ATP (énergie primaire de l’organisme) fonctionne grâce à des sites (pour le muscle c’est la tête de myosine). Selon la configuration de ces sites, la libération de l’énergie sera plus ou moins rapide. Toutes les fibres possèdent des sites lents et rapides. Nous savons que l’entraînement provoquera une modification des têtes de myosines (suite au travail des hormones) en fonction du travail (il faudra des charges lourdes pour induire une création de myosine forte, rapide). A l’inverse, la dégradation naturelle des protéines (turn-over) induira un retour au régime lent si pas d’entraînement adapté.

    Conclusion 1 : La vitesse des fibres n’a rien à voir avec la génétique et l’innervation.

    Ensuite, il existe une classification ‘vieille’ des fibres en I, II, etc. en fonction de leurs couleurs, donc en fonction du nombre de mitochondries. De là, il en est déduit que puisque les nerfs fins (lents apparemment) innervent majoritairement les fibres rouges (endurantes), et comme les fibres lentes sont aussi innervées par les petits nerfs, un produit en croix et hop, les fibres rouges sont lentes et les fibres blanches sont rapides.

    Une expérimentation sur le myocarde montre que l’endurance n’a rien à voir avec la génétique, l’innervation ou la vitesse de contraction. Des chirurgiens, suite à un coeur HS, ont raccordés une partie du muscle grand dorsal au coeur et l’ont innervé avec les nerfs du myocarde. Bilan: le grand dorsal est devenu comme le myocarde. Non pas lisse, mais infatigable.

    Conclusion 2 : l’endurance des fibres n’a pas de relation avec la vitesse de contraction, mais est directement liée à l’activité du nerf qui l’actionne.

    Conclusion 3 : puisque l’endurance d’un muscle est liée à son activité (innervation=activité, schématiquement), le muscle est aussi endurant que le propose l’entraînement (régime énergétique de l’entraînement = volume).

    Conclusion 4 : Puisque la vitesse d’un muscle n’est pas liée à son innervation, mais qu’elle varie avec les charges de l’entraînement (hormones dég dégradée suite à l’entraînement), le muscle est aussi fort que le propose l’entraînement (en terme d’intensité réelle c’est-à-dire de charge).


    Idée reçue 2 : Le muscle garde des fibres en réserve de la république, permettant de reposer des fibres lorsqu’elles sont fatiguées.

    Cette idée implique que l’on peut travailler plus profondément le muscle (comprendre plus de fibres) en faisant plus de répétitions.

    Tout d’abord, aucune étude n’indique cela. Il ne s’agit que d’une hypothèse liée au fait que lorsque l’on s’entraîne, dans les études (donc rarement à des charges très importantes), entre 40 et 60% des fibres ne sont pas activées.

    Tout comme les tenants de cette hypothèse, nous n’avons pas de preuve de l’inverse.

    Néanmoins, faisons un petit jeu intellectuel :

    Nous savons que les fibres réagissent à la loi du tout ou rien :

    1. Si l’intensité nerveuse est supérieure ou égale à l’intensité nécessaire (Potentiel d’Action), contraction complète. Si l’intensité nerveuse est inférieure à l’intensité nécessaire, pas de réponse musculaire. Chaque motoneurone ne peut envoyer qu’une intensité à la fois (après il faut augmenter la fréquence d’envoi pour accélérer les contractions). Toutes les fibres d’un même motoneurone répondent à la même intensité. De là, nous pouvons supposer qu’il ne peut y avoir de fibres mises de côté pour suppléer celles qui seront fatiguées.
    2. Nous savons que dans des situations extrêmes (enfant en danger), un parent peut proposer une force monumentale, dépassant tout ce qu’il est possible d’imaginer. Cela indique que l’organisme est capable de contracter, sous certaines conditions, toutes ou presque les fibres d’un muscle (les tenants de la théorie des fibres en attente supposent que les articulations, aponévroses, ligaments, etc. ne peuvent supporter la contraction de la totalité des fibres, ceci sans preuves jusqu’à ce jour). De là, nous en déduisons que les fibres ne fonctionnant pas ne sont pas faites pour servir de réserve énergétique, mais nécessitent des stimuli (charges) différents pour travailler.

    Idée reçue 3 : Génétiquement, les nerfs sont disposés d’une manière (gros, petits, ramifications) et nous devons choisir notre activité en fonction de cela (implicitement).

    Cette dernière idée reçue vient en conclusion des 2 précédentes. Elle en est l’apogée ou la conclusion. En effet, si nous ne pouvons modifier notre système nerveux, nous sommes prédéterminés à une activité dominante (comme pour les fourmis) et nous devons en extraire le maximum, mais ne surtout pas lorgner sur le voisin.

    A l’inverse de cette idée reçue, des études montrent que par la force de la concentration, la force de la volonté, on peut plastifier (rendre malléable) notre système nerveux. Ainsi, suite à une expérimentation, des sujets, sans entraînements spécifiques, ont augmenté la force de leur biceps uniquement par l’effort intellectuel 15 minutes par jours durant 3 semaines. Au final, 13,5% de gain de force (sujets non entraînés, donc partant de très bas). Et +35% pour l’adducteur du petit doigt. Ces ‘entraînements’ ont mis en évidence une activation des zones du cerveau qui permettent la création des ramifications nerveuses.
    Ainsi, sans rentrer dans le choix de la mentalisation à l’entraînement (hors sujet), notre organisme est bien apte à améliorer son système nerveux, à le renforcer, le diversifier pour que le corps puisse supporter des stress extérieurs plus importants (adaptation à l’entraînement).

    De ces 3 idées reçues, J’en déduis que :


    1. Le sportif est ce qu’il s’entraîne (un peu à l’idée de ‘dis moi ce que tu manges et je te dirai ce que tu es’).
    2. L’entraînement doit être ciblé en fonction d’un objectif (ou de plusieurs) et le résultat n’en sera pas une référence génétique, mais une conséquence sportive (donc modifiable).
    3. Les excuses exposant que l’on n’est pas fait pour tel ou tel sport ou effort ne doivent plus être de mises. Mieux vaut s’en sortir en disant que nos objectifs sont autres.

    Pour conclure, l’entraînement doit viser à faire progresser l’athlète par rapport à lui-même et non par rapport à un record du monde. Cela n’empêchera pas de le prendre pour objectif et de le battre, mais pratiquer un sport dans un esprit de performance ne doit pas laisser de place à la création de limites subjectives limitant obligatoirement les possilités du sportif. Il s’agit d’une faute grave à ce niveau.


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      A propos de Sébastien BÊME

      Préparateur physique depuis +20 ans. De formation Staps, diplômé BPJEPS AGFF, Certifié CrossFit Level 1, Gymnastics et Weightlifting. Formation CrossFit Judge et Scaling Auteur de nombreuses publications et propriétaire des sites internet www.gymsante.eu (et ses déclinaisons), www.fuck-genetics.fr et www.etre-conscient.com

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